La violence n’appartient pas qu’aux hommes

Parler de violence conjugale, c’est une bonne chose. Il faut en parler pour aider ceux qui en vivent à se rendre compte de ce qu’ils subissent, que ce n’est pas normal ni sain. C’est un sujet très inconfortable, mais c’est nécessaire.

Lorsqu’on en parle, il faudrait par contre inclure un grand groupe de personnes oubliées dans les campagnes de sensibilisation, qui peuvent aussi vivre de la violence conjugale psychologique ou physique : les hommes.

Oui. Les hommes peuvent être des victimes de violence conjugale.

Il y en a probablement plus qu’on le pense, mais ils ne sentent pas qu’ils ont l’espace ou l’écoute pour en parler, surtout en ce moment avec les campagnes qui rejettent toute la faute de la violence sur les hommes en général.

Si cela vous choque, réfléchissez à ce qui vous choque dans ce que j’écris. Remarquez vos propres inclinaisons et préjugés, qui vous poussent peut-être même à justifier la violence venant d’une femme. Une personne violente est une personne violente, peu importe le sexe. La violence n’est pas justifiable, point.

Je m’adresserai ici aux femmes comme les campagnes publicitaires s’adressent aux hommes. Les filles (ou les gars en couple avec un gars), il est temps de cesser d’essayer de contrôler votre conjoint. De lui faire du chantage émotionnel en lui écrivant de longs messages de conneries quand il part quelques heures, parce que vous vous sentez abandonnées. De lui péter des coches parce qu’il a laissé des graines de toast sur le comptoir et qu’il le fait « tout le temps » (vous connaissez le lâcher-prise ?). De le rabaisser sur tout ce qu’il fait de « pas correct » dans la maison ou avec les enfants, et de le menacer de le laisser chaque fois que vous vivez un désaccord. De lancer des objets lorsque vous êtes en colère. Etc. Oui, ce sont des comportements violents. Parlons-en, avez-vous d’autres exemples ?

Maintenant, je m’adresse à tout le monde. Il est temps de briser les tabous et de laisser vos préjugés de côté. Il est temps de remarquer les souffrances que peuvent vivre des hommes proches de vous. Ouvrez-vous à eux. Faites preuve de compassion. Même s’ils ne demandent pas d’aide, même s’ils semblent être « corrects », même si ça peut heurter leur orgueil, même s’ils ne réalisent simplement pas ce qui se passe, parlez-leur. Faites au moins ce premier pas qui peut changer bien des choses. Et gardez en tête que la violence vécue par une personne, homme ou femme, peut aussi avoir un grand impact sur son entourage.

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