Stupéfaction, prise 2

Étonnement et confusion représentent cette fois-ci les mots qui me restent en tête en lisant l’article de Jean-Louis Bordeleau à propos de la réouverture de la magnifique bibliothèque de l’Institut de formation théologique de Montréal. Si cette nouvelle apparaît fort intéressante, elle ne concerne malheureusement pas les archives créées et préservées par les Prêtres de Saint-Sulpice depuis leur arrivée en Nouvelle-France. Ce patrimoine essentiel pour l’histoire de Montréal comporte 1 km de dossiers et manuscrits, 75 000 photos et illustrations et 8000 cartes et plans qui étaient conservés au vieux séminaire de la rue Notre-Dame. Cette masse documentaire s’ajoute ainsi aux 155 000 ouvrages visés par l’annonce du 26 juin. Or, le recteur ne le mentionne pas et semble amalgamer les différentes collections. Quant à ses propos sur la compétence du personnel, ils apparaissent ahurissants s’ils concernent les employés des archives. Son ancien coordonnateur, licencié à l’été 2020, possède une maîtrise en sciences de l’information et est un archiviste expérimenté, alors que ses collègues sont aussi des diplômés universitaires en archivistique. Depuis 2018, son centre d’archives avait obtenu l’agrément de Bibliothèque et Archives nationales du Québec, qui fut même renouvelé en janvier 2020. De son côté, Bibliothèque et Archives Canada avait accordé 48 563 $ en 2020 pour la numérisation et la diffusion d’un corpus de manuscrits en langues autochtones.

Espérons que les Prêtres de Saint-Sulpice verront aussi que leurs archives nécessitent l’apport d’archivistes professionnels pour leur traitement, leur préservation et, surtout, pour leur mise en valeur. À quand les archives des seigneuries de Montréal, de Saint-Sulpice et du Lac-des-Deux-Montagnes en ligne ?

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