Oui aux Espaces bleus

Je ne suis pas d’accord avec l’opinion de Marie Wright, « L’Espace bleu pour qui ? » publiée le 28 juin dernier. L’enseignante au collégial disait craindre que la création des Espaces bleus nous amène à privilégier une histoire des hommes et des Canadiens français au détriment des femmes et des autres groupes. Pour m’expliquer, laissez-moi vous parler de l’histoire du Québec que j’enseigne en 3e secondaire.

Dans le manuel d’histoire de 500 pages que j’utilise, on y présente environ 120 hommes, dont quelques Africains, une dizaine d’Autochtones et seulement une dizaine de Canadiens. [...]

Les Autochtones sont peu présents individuellement dans notre histoire, ce qui se comprend : ils n’écrivaient pas, leurs histoires ne sont pas la nôtre et ériger des bronzes n’est pas de leurs cultures. Cependant, on les retrouve à chaque évènement comme alliés politiques, partenaires économiques, influences culturelles ou comme adversaires. Leurs rôles sont toujours bien présentés, autant que les répercussions des différentes actions sur eux.

Pour ce qui est des femmes, elles sont, comme les hommes, partout et nulle part à la fois. Chaque fois qu’on parle de la noblesse, du clergé, de la bourgeoisie, de l’artisanat, de la paysannerie et des esclaves, ce sont autant de femmes que d’hommes anonymes dont nous parlons. Or, sortir de l’anonymat des femmes pour en connaître d’elles autant que des hommes, c’est faire, comme pour les hommes, plus de place aux duchesses, aux bourgeoises et aux religieuses étrangères qui possédaient privilèges et pouvoirs. [...]

Les Espaces bleus pourraient régler ce problème et sortir de l’anonymat beaucoup d’acteurs historiques. Ils pourraient faire plus de place à l’histoire locale et raconter l’histoire des vrais oubliés : les gens des régions et des campagnes. Ils offriraient ainsi une alternative à la prépondérance de l’histoire construite sur les actions des puissantes et des puissants de Québec et de Montréal.

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