La loi 21 a le dos large en Ontario

Des journalistes du ROC et certains politiciens ont voulu se servir de la tuerie de London pour instrumentaliser leur opposition à la loi 21 du Québec. Affirmant que cette loi est un outil de haine envers les musulmans, ils laissent entendre qu’elle aurait influencé le tueur de London et qu’elle serait responsable de l’attentat qui a décimé une
famille musulmane paisible.

Pour mieux comprendre cet amalgame insensé, imaginons qu’à la suite de la tuerie de la grande mosquée de Québec, des leaders d’opinion ainsi que des politiciens du Québec aient fait un lien entre les politiques multiculturelles généreuses envers les minorités, telles qu’elles sont pratiquées en Ontario, et le geste commis par le tueur. Quelle aurait été la réaction du ROC ?

Leurs propos sont d’une bassesse inouïe et dénotent un dérapage intellectuel inquiétant. Faudra-t-il utiliser l’article 45 de la loi constitutionnelle de 1867 pour affirmer que la société québécoise repose sur des principes de laïcité de l’État et que la neutralité religieuse devrait être respectée par l’ensemble des composantes étatiques canadiennes ?

N’est-ce pas quelque peu loufoque de constater que l’émoti-vité gagne nos compatriotes anglophones qui craignent de plus en plus une affirmation québécoise, fût-elle inoffensive et sans conséquences sur la pérennité de leur statut majoritaire au Canada ? Les rôles seraient-ils inver-sés : les Québécois afficheraient-ils une rationalité nouvelle dans la recherche d’une certaine « émancipation tranquille », refusant désormais de porter le poids minoritaire que l’histoire canadienne leur a imposé ? Les Québécois ont le dos large, mais il y a des limites à constamment porter la lourdeur des autres.

 

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