Pétrole contre nourriture 2.0

À l’instar des autres initiatives du gouvernement de la CAQ en matière d’environnement, la décision d’augmenter le taux d’éthanol dans l’essence n’est que de la poudre aux yeux destinée à faire croire qu’on se préoccupe des GES, sans toutefois se soucier des résultats et des conséquences. Brûler de l’éthanol plutôt que des hydrocarbures pétroliers dans nos véhicules n’aura qu’un effet marginal sur les GES produits. Et cet avantage sera annulé par la production d’éthanol à partir du maïs-grain, vu le gaspillage des terres agricoles pour alimenter des voitures plutôt que des gens, la réduction de la souveraineté alimentaire et la pollution occasionnée par tous les pesticides utilisés, un usage d’autant plus décomplexé qu’il ne s’agira plus de produire des aliments dont la teneur en produits chimiques est réglementée.

4 commentaires
  • Cyril Dionne - Abonné 10 juin 2021 08 h 18

    100% d'accord avec cette lettre

    100% d’accord avec vous M. Le Blanc. Augmenter le taux d’éthanol dans l’essence accroît une certaine pollution atmosphérique qui est très néfaste pour les humains, ce que plusieurs recherches scientifiques ont démontré. Pour les GES, l’impact est minime pour dire enfin nul. Ce qui n’est pas dit dans toute cette histoire, c’est que cette agriculture du maïs pour l’éthanol est partout lourdement subventionnée. Aux États-désUnis, le prix des subventions est efférent pour les contribuables.

  • Julien Thériault - Abonné 10 juin 2021 08 h 25

    Ce n'est pas tout

    Le ministère de l'Environnement est déjà fort complaisant avec les agriculteurs, qui sont des particuliers et leur représentant, l'UPA. Imaginez ce qu'il en serait si les terres étaient accaparées par le secteur pétrolier...

  • François Véronneau - Abonné 10 juin 2021 08 h 49

    Le maïs-grain pour les cochons...

    Je suis bien d'accord avec l'idée derrière votre billet, toutefois, au Québec et dans bien des localités d'Amérique du nord, le maïs-grain sert avant tout à nourrir les cochons. En ce sens, ce détournement de nourriture est vraiment indirectement appliqué à l'assiette des québécois. Si cette mesure pouvait au moins permettre de d'abaisser la production de porcs dot 70% est exportée et qui détruit notre environnement, nous serions tout de même gagnants...

  • René Pigeon - Abonné 10 juin 2021 18 h 12

    Cet éthanol imposé sera-t-il produit ici ou importé ?

    Quelle proportion de l'éthanol actuellement imposé dans l'essence est importée ?

    Quelle est la probabilité que l'éthanol mélangé à l'essence soit importé ?
    Quels sont les scénarios et hypothèses favorables ou défavorables qui ont été élaborés pour évaluer ces proportion et probabilités ?

    Si on veut préserver l’utilisation de nos terres agricoles – avec subventions ? –, pourquoi ne pas soutenir la transformation des fermes de mais en ferme de légumes biologiques cultivées selon la méthode de M. Fortier ?
    Une table ronde animée par la journaliste Catherine Mercier: http://bit.ly/3doqIws

    Alimentaire, mon cher
    CHRONIQUE Nos anges gardiens verts veillent à notre autonomie.
    https://www.ledevoir.com/opinion/chroniques/578529/alimentaire-mon-cher