Macdonald, le grand responsable des pensionnats

La semaine dernière, du haut de sa tribune, Justin Trudeau a demandé à l’Église catholique de reconnaître sa responsabilité dans la gestion des pensionnats autochtones. Mon propos n’est pas de disculper les gestionnaires catholiques, mais de rappeler au premier ministre canadien que les pensionnats autochtones ont été créés par John A. Macdonald, un de ses prédécesseurs. Le but était d’assimiler les Autochtones afin qu’ils adhèrent aux « belles » valeurs canadiennes.

John A. Macdonald fut membre de l’Ordre d’orange du Canada. Ce groupe visait à construire un pays protestant et anglo-saxon. Selon cette organisation, la présence de catholiques francophones et d’autochtones représentait un obstacle à son objectif.

Macdonald a élaboré une politique d’immigration favorisant l’anglicisation du territoire canadien. Il a dépossédé les Métis de leurs terres dans ce qui est devenu le Manitoba. Il a attaqué les troupes de Louis Riel et ordonné sa pendaison. Alors qu’une très grande proportion de Québécois se soulevaient et demandaient de gracier Louis Riel, Macdonald a déclaré « Riel sera pendu même si tous les chiens du Québec aboient en sa faveur ».

Macdonald est l’architecte de la politique des pensionnats autochtones. Ce premier ministre canadien a confié à son ministre Langevin le soin de la construction des pensionnats autochtones. Le gouvernement canadien est le premier responsable de la création des pensionnats autochtones et des conséquences qu’ont subies les pensionnaires des Premières Nations.

Avant de demander des comptes à autrui, Justin Trudeau doit agir. Ses plates excuses formulées sur un ton larmoyant ne sont pas suffisantes. En tant que premier ministre, il doit désavouer John A. Macdonald, lui enlever les honneurs que le Canada lui a attribués et demander à l’Angleterre de lui retirer le titre de « Sir » à titre posthume. […]

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16 commentaires
  • Benoit Gaboury - Abonné 8 juin 2021 07 h 46

    Excellent article.

  • Sylvio Le Blanc - Abonné 8 juin 2021 07 h 56

    100 % d'accord

    Bravo !

  • Patricia Beloin - Abonnée 8 juin 2021 08 h 00

    Nous avons fait la job de bras.

    Oui, c'est vrai que c'est le gouvernement de l'époque qui a créé les pensionats pour rendre le Canada protestant et anglo-saxon. Mais avec la mentalité de colonisés des Canadiens-français d'alors , ceux-ci ont remplis avec les communautés religieuses catholiques la tâche répugnante de déposséder les Autochtones. La culpabilité tombe sur nous et le reste du Canada a trouvé un coupable. C'est bien triste.

    • Cyril Dionne - Abonné 8 juin 2021 09 h 39

      Revenons à Louis Riel. C’est l’église catholique qui était son commanditaire, notamment l'évêque Alexandre Taché, parce qu’elle voulait établir sa sphère d’influence et de pouvoir hors des sentiers québécois et pousser son expansion vers l’ouest. Elle s’était interposée comme les représentants des Français d’Amérique après le vide créer par la Conquête de 1760 où la fine fleur monarchique éduquée était partie pour des îles de sucre ou bien rentrer en France. Riel était un fervent croyant, se voyait investi d’une mission biblique et se promenait sur le champ de bataille, une croix à la main.

      Disons poliment que l’église catholique s’est reprit en main et elle a collaboré avec les orangistes dit colonialistes pour administrer la plupart des pensionnats partout au Canada.

  • Guy Rivest - Abonné 8 juin 2021 08 h 13

    Les pleurs de Justin

    Ça fait partie de ses habitudes de faire semblant de pleurer, de rejeter le blâme sur le dos des autres et surtout de ne rien faire pour corriger la situation. Le gouvernement de Justin Trudeau est absolument incompétent et probablement le plus incompétent depuis 1867.

  • Pierre Rousseau - Abonné 8 juin 2021 08 h 18

    Architecte... tardif

    Les pensionnats pour jeunes autochtones ont commencé bien avant la confédération et JAM et étaient gérés par les ordres religieux. Il y a même eu des pensionnats en Nouvelle-France pour «civiliser les Sauvages» en les évangélisant et les francisant. Mais la mouture la plus récente des pensionnats remonte au milieu du XIXe siècle, encore sous la responsabilité des ordres religieux, en particulier protestants et évangéliques.

    Macdonald entre en scène un peu plus tard alors qu'il formalise cette institution en prenant en charge leur financement et en obligeant les enfants autochtones à y aller avec le but très concret de faire disparaître les peuples autochtones, leurs cultures et leurs identités. Il se sert alors des ordres religieux pour les mettre en compétition les uns avec les autres en espérant qu'ils y mettront beaucoup d'énergie et de leur propre financement, ce dernier ne se concrétisant pas au grand malheur des enfants mal nourris, mal habillés et mal logés.

    Mais il y a plus, Macdonald est aussi responsable de la politique de famine des Autochtones des Plaines pour les forcer à laisser leurs terres et se confiner dans les réserves indiennes fédérales. Enfin il est responsable de la pendaison de Riel dans ce qui fut une parodie de justice et un procès et une exécution politiques. Langevin a été l'un de ses exécuteurs les plus enthousiastes en matière de pensionnats mais il a au moins eu la décence de s'opposer à la pendaison de Riel.

    Macdonald est certainement l'architecte principal du génocide des peuples autochtones avec la naissance de la confédération et vous avez raison de mettre le doigt sur cette réalité de notre triste histoire colonialiste.

    • René Pigeon - Abonné 8 juin 2021 16 h 14

      La radio de Radio-Canada relatait il y a quelques jours que Macdonald a demandé à Ryerson de concevoir les écoles résidentielles. Le même Ryerson a conçu les écoles publiques de l’Ontario. (Les écoles résidentielles ont aussi été appelées « industrielles » parce qu’elles devaient enseigner aux jeunes autochtones à pratiquer l’agriculture et autres métiers, ce qu’elles n’ont pas fait.)

      Macdonald a peut-être été « le concepteur » et Ryerson « l’architecte » des écoles comme P E Trudeau a conçu les principes de la loi constitutionnelle mais a laissé à une équipe de juristes de formuler ses idées dans le texte de loi.