Une proposition gagnant-gagnant

Dans son article « L’éthanol va exercer une pression énorme sur le secteur agricole », Alexis Riopel nous apprend que le gouvernement du Québec prévoit exiger que l’essence vendue ici contienne au moins 10 % d’éthanol d’ici 2023, et 15 % d’ici 2030. Le problème de ce plan est bien exprimé par Bruno Detuncq du Regroupement vigilance hydrocarbures Québec : « Si on fait du maïs pour de l’éthanol, on va nourrir les autos, pas les humains. »

Or, la réalité est que le Québec cultive déjà beaucoup de maïs qui est utilisé de manière inefficace, le fameux « maïs vache » qui sert à engraisser les bovins de boucherie en vue de leur abattage. Nourrir les vaches avec du maïs est un processus très inefficace, car les vaches sont notoirement «inefficaces» pour convertir l’énergie végétale en chair. De plus, le maïs dont sont nourries les vaches a un score élevé de CO2, car les vaches produisent du méthane, un gaz à effet de serre particulièrement nocif. Si le gouvernement adoptait une vision plus globale du défi que représente la réduction de nos émissions de GES tout en nourrissant la population, il pourrait faire un pas en arrière et envisager de travailler avec les agriculteurs pour faire passer un certain pourcentage des exploitations bovines québécoises à une agriculture végétale qui nourrira directement les humains. Le nouveau Guide alimentaire canadien recommande un régime à base de plantes, et les ventes de bœuf sont en baisse, car les gens se tournent vers des options à base de plantes, comme on peut le voir dans le succès de produits comme les hamburgers Beyond Beef. Une partie des terres agricoles utilisées pour la culture du maïs de vache pourrait ainsi être rendue disponible pour fournir du maïs pour l’éthanol, sans pression supplémentaire sur le secteur agricole.

Dans ce scénario, le gouvernement du Québec fait la promotion d’un mode de vie plus sain, réduit la production de GES à la source (moins de bétail, et certains pâturages pourraient être reboisés) et rend l’éthanol disponible pour ces cibles de 15 % sans pression indue sur les ressources terrestres et sans perte économique pour les agriculteurs.

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4 commentaires
  • Cyril Dionne - Abonné 8 juin 2021 07 h 09

    « Beyond éthanol »

    À moins que tout le monde adopte le mode de vie « vegane », le maïs continuera à être cultivé pour la viande. Ceux qui nous disent sans rire que des options à base de plantes comme les « hamburgers Beyond Beef » sont fantastiques, eh bien, ils oublient de nous mentionner tous les produits chimiques qui entrent dans sa concoction sont très nuisibles pour la santé. Les prochaines recherches scientifiques nous affirmeront le tout dans un futur pas si éloigné. En fait, pour le goût, ils ne sont pas très bons.

    Ceci dit, la culture du maïs aux États-désUnis est lourdement subventionnée comme c’est le cas ici. L’ajout de l’éthanol à notre essence à un impact environnemental majeur. Avec l’éthanol, les voitures polluent plus, il réduit l’efficacité énergétique, donc les voitures parcourent une distance moindre, cause des dommages aux moteurs, augmente le prix du maïs et par ricochet, le prix des autres denrées agricoles. En plus, les particules d'éthanol qui flottent dans l'air suite au processus de combustion peuvent tuer les gens et les rendre très malades selon plusieurs recherches scientifiques. Entre autre, elle est une cause directe du déclin des population d’abeilles et où le potentielle catastrophique pour les cultures qui ont besoin de pollinisation. Si les abeilles disparaissent, ce sera notre tour ensuite dans un temps rapproché.

    Ce n’est pas une proposition de gagnant-gagnant avec l’éthanol. Substituer le maïs de vache pour celui de l’éthanol est une fausse de bonne idée. La seule solution pour les changements climatiques réside dans un style de vie de simplicité volontaire et une conscientisation de l’impact de la surpopulation sur les écosystèmes marins et terrestres et la biodiversité qui en découle. Alors, oublions tout ça, cela n’arrivera jamais.

  • Denis Blondin - Abonné 8 juin 2021 10 h 54

    Une idée vieille d'au moins 2000 ans.

    Les anciens habitant habitants de l'Inde actuelle savaient très bien qu'il est plus intelligent de consommer nous-mêmes les produits végétaux que nous cultivons plutôt que de les utiliser pour nourir du bétail qui nous fournira jusqu'à 20 fois moins de protéines. S'ils ont choisi d'adopter cette stratégie, ce n'est pas parce qu'une série de divinités sont descendues du ciel pour le leur prêcher. D'ailleurs, il ont conservé l'élevage du bétail parce que les boeus étaient nécessaires au travail agricole et autre. Quant aux vaches, étaient bien sûr nécessaires pour reproduire des boeufs, mais elles ne consommaient que des végétaux poussant naturellement, leur lait servai à nourir tout le monde, et une fois mortes de mort naturelle, leur chair n'était pas laisséa à pourrir, car les Intouchables avaient le droit de les consommer,

    Nous prétendons avoir fait table rase de toute religion pour nous en remettre à « la Science », mais on dirait bien que nous avons fait le mauvais choix, car l'ai et l'eau se polluent, les espèces disparaissent, etc....

  • Julien Thériault - Abonné 8 juin 2021 15 h 52

    La culture extensive de maïs est un problème en soi.

    Voici quelques « petits » problèmes liés à cette culture :

    - Utilisation de semences enrobées d'insecticides (néonicotinoïdes).
    - Utilisation de variétés transgéniques capables d'absorber des herbicides et d'y résister.
    - Utilisation d'herbicides et de fongicides.
    - Épuisement des sols
    - Utilisations d'engrais chimiques qui minéralisent les sols.
    - Utilisation de purin.
    - Lessivage des résidus de pesticides, d'engrais et de purin vers les cours d'eau et, ultimement, les océans.
    - Érosion des sols mis à nu par les vents, avec dispersion de l'air des mêmes résidus.
    - Accaparement des terres, spéculation, évictions des agriculteurs qui ne peuvent supporter cette pression.
    - Pression sur les milieux naturels, les boisés, la faune et la flore.
    - Désertification des campagnes, dévitalisation des régions.
    - Et j'en oublie, sûrement.

    Passe encore, à la limite, pour alimenter les humains. Mais pour faire rouler des bagnoles ? Est-ce vraiment judicieux ? À qui ça va profiter, tout ce saccage ? Les personnes qui prônent des solutions semblables vivent-ils sur la même planète, dans le même siècle que le reste de la société ?

    • Yvon Bureau - Abonné 8 juin 2021 16 h 17

      Ai déjà lu ceci : 90% du maïs cultivé au Québec sert à nourrir les cochons dont la très grande majorité de la viande sera exportée en Chine et ailleurs?

      Que nos terres servent à beaucoup mieux, tout en la respectant tellement beaucoup mieux!