Français langue seconde…

Ce pays persiste impunément à se dire bilingue sans vraiment prendre les moyens pour renforcer sa capacité à cet égard.

Le 1er juin 2021, le commissaire aux langues officielles publiait son rapport annuel, réitérant encore et toujours les lacunes habituelles au chapitre du respect de la Loi sur les langues officielles au sein de la fonction publique fédérale. Le communiqué officiel accompagnant le rapport débutait ainsi : « Le manque évident de capacité bilingue au sein de la fonction publique fédérale mène aux nombreux manquements en matière de langues officielles observés depuis trop longtemps. »

Quand on lit entre les lignes, on comprend que les problèmes à cet égard sont surtout attribuables au peu d’importance accordé au respect du français dans nos institutions fédérales. Actuellement, on exige que les cadres supérieurs de cette fonction publique soient bilingues avec l’espoir naïf qu’ils fassent tous et toutes preuve de leadership au regard du respect de la Loi sur les langues officielles.

Parallèlement, plus de 50 années après l’entrée en vigueur de la Loi, on se complaît toujours à ne pas faire du français une exigence requise pour d’autres postes-clés, et ce, au plus haut niveau. Chaque année, plusieurs nominations sont faites par décret par le gouverneur en conseil à divers postes de dirigeants, commissaires et administrateurs d’institutions fédérales. On parle ici, tout de même, de plus de 2000 postes névralgiques au sein de l’appareil d’État.

Comme en fait foi le site de recrutement fédéral ; « Outre quelques exceptions, le gouvernement s’efforce de nommer des Canadiens bilingues aux postes pourvus par le gouverneur en conseil. » Dans les faits, pour la plupart de ces postes affichés sur le site Internet, on y précise que la maîtrise des deux langues officielles est seulement « préférable ».

Dans ce contexte, il arrive donc que des personnes embauchées au plus haut niveau ne comprennent pas ou ne maîtrisent pas le français. Comment, en retour, peut-on s’attendre à ce que ces personnes puissent veiller au respect de la Loi au sein des institutions qu’elles gouvernent ? Poser la question, c’est y répondre.

Si ce gouvernement est vraiment sérieux dans sa démarche visant à revoir et à renforcer la Loi, la première chose est de rendre impérative et obligatoire la maîtrise du français et de l’anglais pour toutes les nominations de haut niveau.

Sans quoi, ce sera toujours le français, langue seconde…

 

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2 commentaires
  • Bernard Terreault - Abonné 7 juin 2021 08 h 36

    Faut choisir

    Ou bien on se résigne à constituer une minorité de 22% qui ne pourra jamais imposer sa langue à la majorité, ou bien on fait l'indépendance du Québec.

  • Christian Roy - Abonné 7 juin 2021 12 h 08

    Ne manquerait plus...

    ... que le rapport annuel du commissaire aux langues officielles ne soit publié qu'en anglais !

    Je vais dire comme vous M. Michel Lefebvre: ça regarde mal au Canada et au Québec également si les francophones ne se questionnent pas trop.