Un amour étouffant pour le mont Royal

Que les Montréalais se passent le mot ! Le demi-million de dollars annoncé mercredi pour la fermeture de sentiers et le reboisement dans deux zones de la montagne ne pourra être ni le seul investissement ni la seule mesure à prendre pour éviter que le mont Royal, que nous prétendons tant aimer, ne devienne un mont chauve. Ça fait plus de dix ans que je consacre bénévolement des dizaines d’heures chaque année au programme d’intendance environnementale des Amis de la montagne. On plante des arbres et des arbustes, on contrôle des espèces envahissantes et on fait le suivi des plantations. Je me souviens d’avoir dû arrêter un cycliste qui roulait sur mes plants pendant que l’équipe était à l’œuvre. Même comportement du côté des joggeurs hors piste. On les dérange ! Des plantations ont même été déterrées sous le belvédère Kondiaronk. Ça devait être sur une piste d’un joggeur ou d’un cycliste. Du côté de Tiohtià:ke Otsira’kéhne, les cyclistes transforment le sol pour rendre la pente plus enivrante. Un désastre. Sans compter les autres dommages aux arbres et au sol avec les feux de camp, les abris et autres traces humaines. L’intégrité du mont Royal ne peut plus être assurée uniquement par de la sensibilisation auprès des convaincus. Les récalcitrants vont devoir goûter à la coercition. Des règlements, ça s’applique !

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3 commentaires
  • Christian Roy - Abonné 4 juin 2021 11 h 20

    Un bien public

    Merci mme Line Bonneau pour votre mot qui rappelle l'importance du civisme.
    L'éducation a pour but de conscientiser l'individu sur son empreinte environnementale.
    Nous n'en ferons jamais assez à ce propos.
    Merci également pour votre engagement concret envers un bien public.
    Vous montrez la voie en un monde où bien souvent l'égocentrisme fait loi.

    Aux représentants des règlements dûments établis de ramener les délinquants à l'ordre.

  • Michel Petiteau - Abonné 4 juin 2021 20 h 47

    Planter, oui, bravo, mais aussi éradiquer l'herbe à puce

    J'ai arpenté pendant des décennies les pistes des trois sommets du Mont-Royal, surtout celui d'Outremont, limitrophe des deux grands cimetières. Plus d'une fois je me suis effacé pour laisser passer des cyclistes qui dévalaient les pistes. À certains endroits, ces pistes avaient été sculptées, et même dotées de tremplins. J'étais conscient des efforts de reboisement et d'aménagement, mais je comprenais que les amateurs n'avaient pas d'autre endroit, dans le coin, pour se défoncer. Sévir? Et pourquoi pas des agents de circulation, déguisés en arbres, ou des clous, pour crever les pneus?

    Mais c'est là que j'ai appris à reconnaître l'herbe à puce, à quoi il vaut mieux ne pas se frotter. Il y en a des patches à maints endroits. Jamais je n'ai observé la moindre trace de leur éradication. Il m'est arrivé de signaler à des groupes d'enfants de s'éloigner de ces plantes, parfois présentes en abondance au bord d'un sentier, et de notifier la ville de Montréal.

    C'est comme pour l'herbe à poux, cause d'allergies, dont j'ai arraché, au fil des ans, des milliers de plants, avant la floraison.

    Il y a comme ça, à la ville de Montréal, des intentions, destinées surtout à la propagande, car irréalisables.

    • Michel Petiteau - Abonné 4 juin 2021 21 h 57

      Encore un mot. J'ai été membre des Amis de la montagne. Je me rappelle une journée où nous avions nettoyé un coin de bois, au sud du Lac des castors. Il poussait là des arbustes étrangers à la flore locale. Ils envahissaient l'espace, au détriment d'espèces indigènes, et ils devaient être supprimés.

      Mais j'ai aussi, de ma propre initiative, fait de l'entretien ici et là, y compris dans les cimetières. C'est ainsi que, pendant des années, j'ai arraché les mauvaises herbes sur la tombe de Pierre Bourgault, un type passionné que j'aimais bien.

      C'est fou ce que la montagne a pu m'apprendre sur l'histoire de Montréal et de ses hommes - car ce sont surtout des hommes - célèbres. Mais je sais où se trouve la plaque portant le nom de la Bolduc.