En appui à Yves Michaud

Le 13 mai dernier, Le Devoir a publié une lettre intitulée « Appel aux députés pour Yves Michaud ». Cette lettre était signée par trente-cinq anciens parlementaires en plus de Louis Bernard et de Me Pierre Cloutier. Ceux-ci y demandaient que l’Assemblée nationale du Québec adopte la motion suivante :

« Attendu que, pour respecter les règles fondamentales du droit à la justice, les propos d’un citoyen ne devraient pas être condamnés par l’Assemblée nationale avant d’être vérifiés et que celui-ci ait été entendu, il est résolu :

Que l’Assemblée nationale s’abstienne de condamner les propos d’un citoyen avant qu’ils aient été vérifiés et que celui-ci ait eu l’occasion d’être entendu et que, en conséquence, soit annulée la résolution sans préavis adoptée le 14 décembre 2000 qui ne respecte pas ces critères. »

J’adhère totalement à cette démarche, fondée sur l’équité la plus élémentaire, et invite les membres de l’Assemblée nationale à adopter la motion proposée. Il ne faudrait surtout pas que quelqu’un d’autre soit victime de la même injustice que celle dont a fait l’objet Yves Michaud.

À voir en vidéo

10 commentaires
  • Yann Leduc - Abonné 4 juin 2021 01 h 50

    Auto-censure et bulle d'opinion

    Quand un vieux ex-député fédéraliste se porte à la défense d'un vieux ex-député indépendantiste sur une question de censure qui date d'il y a 20 ans, c'est signe que la question de l'indépendance ne pèse plus très lourd dans le débat public québécois. N'est-ce pas un peu facile de dénoncer un cas de censure avec 20 ans d'intervalle ? À quoi cela serverait-t-il maintenant que la plupart des acteurs de l'époque sont plus ou moins en retrait de la vie politique ? Question de principe, "pour éviter que quelqu’un d’autre soit victime de la même injustice que celle dont a fait l’objet Yves Michaud" ? Allons donc ! On a changé d'époque. Les comdamnations péremptoires sont prononcés chaque jour, à chaque instant, par le nouveau tribunal populaire médiatique, sur la nouvelle place publique virtuelle (GAFAM) qui désormais pèse plus lourd que les parlements.

    Dorénavant, chacun sait de quoi il peut parler, où, comment et à quel prix il peut en parler, et le cas échéant, à quel pilori médiatique il devra faire face. Pour avoir oser aborder tel sujet de telle façon, un tel perdra son poste, sa tribune ou sa réputation, un autre restera dans l'anonymat, sans avancement de carrière possible. Alors, à chacun son auto-censure et à chaque sa bulle d'opinion. Chacun sa case, chacun sa "section". N'a-t-on pas clamé haut et fort que certaines "races" n'avaient pas la légitimité pour parler de sujets qui concernent d'autres "races" ?

    • Denis Langlois - Abonné 4 juin 2021 09 h 02

      mais là c'est de l'assemble nationale dont on parle M. Leduc et donc... je préfèrerais que celle-ci ne passe pas à l'histoire comme ne connaissant pas - ou ne se soumettant pas - aux règles les plus basiques de l'équité procédurale.

  • Serge Pelletier - Abonné 4 juin 2021 03 h 14

    Vous avez raison M. Pelletier

    Vous avez raison M. Pelletier. mais que voulez-vous dans ces temps-ci, ce n'est certainement le bonimenteur et manipulateur qui est à la tête du gouvernement actuel qui fera en sorte qu'une motion quelconque de rectfication soit promptement et le blâme enlevé, le tout étant nécesairent adopté par l'Assemblée nationale. Notre bonimenteuret manipulateur en chef n'en a que pour son égo qui grossit et grossit... Sans omettre que son premier maître en politique fut le Père Fouettard en personne, d'une part, et d'autre part, qu'il a lui-même voté la motion de blâme...

  • Robert Morin - Abonné 4 juin 2021 04 h 54

    Pour la énième fois...

    Tout comme vous, un très grand nombre de Québécoises et de Québécois réclament que cette grave erreur historique soit corrigée officiellement une fois pour toutes. Mais comment expliquer qu'il y ait encore de la réticence à le faire chez nos élus? Quelle peur les empêche encore aujourd'hui de s'amender et de répondre à la volonté de la majorité, avec le recul que lui procurent deux décennies établissant clairement les causes regrettables de cette scandaleuse motion de l'Assemblée nationale?

    • Nicole D. Sévigny - Abonnée 4 juin 2021 12 h 45

      Je ne crois pas que ce soit la peur de...qui les empêche de s'amender..
      Cest plutôt leur ego surdimensionné qui fait barrière.
      Bouchard et Charest en étaient (et en sont encore) de cette "enflure" verbale .qui les caractérise.
      Tout se ramène au : je, me, moi...

  • Renée Joyal - Abonnée 4 juin 2021 09 h 26

    Effacer la honte

    Cette résolution inique est une honte! Tant du point de vue du fond que que de la forme, elle est une tache dans l'histoire de l'Assemblée naitonale. La résolution que vous proposez, monsieur Pelletier, ne devrait même pas être nécessaire, tellement il est évident que le geste grossier posé à l'encontre de monsieur Michaud n'aurait jamais dû exister. Mais certains ont besoin qu'on leur mette les points sur les "i" et les barres sur les "t", semble-t-il. Alors, non seulement l'Assemblée devrait-elle adopter la résolution que vous proposez, mais encore devrait-elle présenter des excuses formelles à monsieur Michaud et à sa famille.

  • Claire Faubert - Abonnée 4 juin 2021 09 h 32

    Quels sont les ministres qui se sont amendés depuis?

    Certains ministres de l'époque et qui avaient participé à cette ignominie ont déjà battu leur culpe et fait amende honorable. Lesquels sont toujours réticents à reconnaître leur faute? Sur la place publique, les dénoncer serait sans doute très douleureux pour eux, alors qu'ils se dépêchent de joindre le concert d'appuis à cette motion qui ne va pas jusqu'à réclamer haut et fort des excuses des récalcitrants qui les honoreraient.