Les enfants martyrs de Kamloops

Encore une fois, une nation autochtone est éprouvée par un événement horrible dont les gestes meurtriers dépassent l’entendement humain : la découverte macabre de 215 dépouilles d’enfants enterrées, dont certains avaient à peine trois ans, sur le site d’un ancien pensionnat autochtone dans la communauté de Kamloops en Colombie-Britannique.

L’ancien pensionnat de Kamloops, dont la gestion avait été confiée à l’Église catholique au nom du gouvernement canadien, était autrefois l’un des pensionnats les plus imposants parmi les 139 établissements du genre mis en place dans le pays à la fin du XIXe siècle. Il avait ouvert ses portes en 1890 et avait accueilli jusqu’à 500 élèves dans les années 1950, lesquels ont été coupés de leur famille, de leur langue et de leur culture, plusieurs d’entre eux ayant été soumis à de mauvais traitements ou à des abus sexuels.

À cet effet, la Commission de vérité et réconciliation du Canada a recensé au moins 51 enfants morts au pensionnat autochtone de Kamloops entre les années 1914 et 1963. Dans son rapport final, publié en 2015, la Commission écrit que d’après des responsables en poste en 1918, les enfants du pensionnat n’étaient pas adéquatement nourris, ce qui entraînait leur malnutrition.

Mais d’où provient cette malédiction qui plane au-dessus des nations autochtones au Canada ? Pourquoi sont-elles considérées et traitées comme des peuples de « second ordre » ? Comment se fait-il qu’il soit répandu que ce qui est autochtone n’a de valeur pour quiconque ?

La découverte des enfants martyrs de Kamloops nous replace devant la macabre réalité d’une nation dont les droits reconnus par l’ONU ont constamment été bafoués… même le droit à la vie. Un bien triste constat !

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5 commentaires
  • Serge Pelletier - Abonné 2 juin 2021 05 h 42

    Pourquoi écrivez-vous "MARTYRS"?

    Savez-vous ce qu'est un martyr. En fait, martyriser quelqu'un consiste à lui infliger de grandes douleurs, en lui faisant subir de mauvais traitements ou en le torturant. Ce qui est étonnant de vos propos, tout comme dans d'autres qui mentionnent qu'il s'agit d'assassinats (ce qui constinue parle fait lui-même des meurtres commis avec préméditation), c'est l'enflure des qualificatifs.

    Notez auusi, que d'avoir des fosses communes pour les gens indigeants n'est pas une nouveauté. Cela était même le fait de la majorité des gens avant que les coutumes changent à la grande vitesse lors de la première Grande Guerre. Antérieurement à cette époque, il était courant que les corps soient empilés dans des fosses communes. En terre d'Amérique du Nord, les espaces étant plus vastes et moins densités peuplés, la "tombe" individuelle fut plus rapide à s'établir comme coutume... Mais attention, cette pratique de la "tombe individuelle" s'est particulièrement accélérée lors de la Guerre de Sécession ou guerre civile américaine qui est survenue entre 1861 et 1865 (mais uniquement pour les familles qui en avaient les moyens monétaires).

    Ne vous trompez pas, cela est encore de coutume ici à Montréal et même en 2021. Hé oui, Mieux encore, si la succession ne paie pas les redevances de "la tombe et de la pierre", le tout est déterré et cassé, et direction la fosse commune pour le corps. Quant aux pauvres, cela ne pose pas de problème, ils vont directement à la fosse commune.

    Ne vous trompez-pas M. Martineau, même les Papes finissent après un certain dans la fosse commune des papes... La place manquant sous les cryptes du Vatican. Hé oui, une bout de temps avec de biens beaux cercueils que les touristes peuvent adminer... puis tranquiliement mais surement le cecueil du dernier pape recule pour faire place au nouveau cercueil... Et le dernier au bout, et bien, il est détruit et le corps direction de la fosse commune.

  • Daphnee Geoffrion - Inscrite 2 juin 2021 08 h 21

    Après les excuses, occupons nous immédiatement des enfants autochtones qui subissent encore les effets des horreurs que nous avons imposé à leur communauté afin que cesse le cercle vicieux.

    Le présent n'est pas bien plus reluisant que le passé...

    • Cyril Dionne - Abonné 2 juin 2021 14 h 27

      Contrairement à toutes nos chères âmes bien-pensantes et donneuses de leçons Mme Geoffrion, j’ai travaillé avec les enfants autochtones qui venaient des pires réserves indiennes du Canada. Oui, le cercle vicieux est encore en place et les horreurs ne cessent pas parce qu’ils vivent en marge de la société. J’ai enseigné à jeune fille autochtone de huit ans ou il y avait plus de 3 personnes attitrées à son égard presque 100% du temps incluant l’enseignant.e évidemment. Pourquoi me demanderez-vous? Parce qu’ils sont souvent atteints de toutes sortes d’anomalies physiques, psychologiques et comportementales qui auraient pu être prévenues si les parents avaient été là. Donc, grosso modo, sans entrer dans les détails, la mère ne pouvait pas s’occuper d’un enfant handicapé et encore moins d’elle-même. Où était le papa, eh bien, il n’était plus dans les parages il y avait longtemps. C’est cela la réalité que tout le beau monde occulte.

      Cette situation me faisait penser aux enfants qui creusent des trous dans le sable d’une plage et qui s’amusent d’essayer de le remplir toute la journée. Même après un va-et-vient incessant pour le remplir, à la fin de la journée, le trou ne contient plus d’eau. Eh bien, c’est la situation des enfants autochtones d’aujourd’hui. Ceux qui ont travaillé avec eux savent fort bien qu’ils ont les mains attachées et ne peuvent pas faire beaucoup pour les aider dans leur situation particulière. La seule issue souvent viable pour eux, c’est qu’ils soient adoptés par des gens qui sont plus souvent qu’autrement, blancs. Et ceux qui le font, s’exposent à toutes sortes de représailles de la part des communautés autochtones. Pour eux, c’est la société ou la communauté autochtone qui les élèvent, donc personne n’opère aucune responsabilité particulière envers eux. De cela, vous pouvez être sûr qu’on n’en parlera pas dans cet exercice d’autoflagellation ou d'automutilation psychologique.

  • Danielle Dufresne - Abonnée 2 juin 2021 08 h 43

    partout

    Partout sur la planète les peuples des Premières nations sont maltraités. Regardez ce qui se passe dans toute l'Amérique latine où les Indiens et les Métis sont toujours maintenus dans des conditions de vie à la limite de l,extrème pauvreté. Ils sont dépendants des programmes de soilidarité internationale. Ils et elles vivent à chaque jour des rejets, des condamnations, des regards et des mots méprisants de la part des mieux nantis, bien souvent Blancs. La colonsation perdure. Il n'y aura pas d'amélioration tant que le problème ne sera pas fortement identifié. Et le problème est .... le sentiment de supériorité qu'ont les nantis sur les autres. Parfois, ce mépris se manifeste aussi au sein des communautés. Des Indiens, des Noirs, des minorités qui jugent et méprisent ceux des leurs qui à leur yeux n'ont pas réussis. Mais la cruauté envers les enfants nous blessent davantage et nous ouvrent les yeux, momentanément. Et on dort encore jusqu'au prochain drame. Tristesse!

    • Cyril Dionne - Abonné 2 juin 2021 15 h 02

      Mme Dufresne, les groupes les plus faibles sur la planète sont toujours maltraités. Ceci n'a rien à voir avec l’âge, l’ethnie, la race, le genre, l'orientation sexuel, la couleur et j'en passe, mais bien celui qui a le plus gros bâton. C'est la force qui a toujours dominé, domine toujours aujourd’hui et dominera demain. D'où l'expression anglophone : “speak softly and carry a big stick; you will go far “.