Voyage sur la Lune

Dans la Trilogie de L’Île-aux-Coudres, de Pierre Perrault, un des habitants de l’île discute avec des amis de l’idée d’envoyer des hommes sur la Lune. Nous sommes au début des années soixante, et son verdict est qu’il n’y aura jamais personne qui posera le pied sur quelque chose qui « est fait pour croiser les animaux ».

Neil Armstrong l’a contredit, comme on le sait, dans une course mémorable, à une époque où l’on ne se posait pas les mêmes questions qu’aujourd’hui.

En voici quelques-unes : pourquoi exactement voulons-nous retourner sur cet astre mort, qui n’est beau en définitive qu’ici, sur Terre, pour sa lumière magique, embellie par l’atmosphère terrestre ? Est-ce politique ? Avons-nous encore besoin à ce point de prouver au monde notre puissance technologique ?

Pourquoi dépenser des milliards, dont notre planète aurait grand besoin, pour envoyer des petits robots se promener sur de la poussière grise ?

J’ai peur de la réponse.

Après avoir conquis notre monde, voudrions-nous faire la même chose sur les autres ?

Pourtant, ce dont nous aurions besoin en ce moment, c’est de la contempler, cette Lune, et de nous laisser enchanter par ce qui reste ici d’une nature encore intacte.

 

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