La coroner a été bien avisée de secouer le prunier

J’ai entendu maintes voix, depuis la semaine dernière, remettre en question l’impartialité de la coroner, Mme Géhane Kamel, dans l’enquête sur la mort de Joyce Echaquan. Certaines de ces voix demandaient même qu’elle se récuse. Or, je crois que c’est oublier la nature spéciale de cette enquête : une vidéo avait été captée par la victime, dévoi-lant au grand jour les commentaires chargés de mépris de plusieurs membres du personnel soignant de l’hôpital de Joliette envers elle.

Comme la coroner l’a indiqué mardi matin lors de sa mise au point : sa tâche est de faire surgir la vérité, et la vérité ne peut sortir de paroles opaques comme celles qu’ont servies la plupart des membres du personnel soignant interrogés la semaine dernière.

À mon avis, la coroner a été bien avisée de secouer le pru-nier. Les témoignages livrés ce mardi par des témoins, comme nous avons pu le lire dans Le Devoir du 26 mai, témoignages à glacer le sang, prouvent que les paroles et les agissements du personnel soignant envers Joyce Echaquan avant et après sa mort ont été encore pires que ce que la vidéo avait capté. Ces témoignages prouvent hors de tout doute que ces membres du personnel soi-gnant avaient laissé le racisme prendre toute la place en eux, altérer profondément leur jugement et les empêcher de poser les actes soignants qu’exige leur profession. Comment des infirmières ont-elles pu dire « C’est pas grave, c’est juste une Indienne » ou « On va avoir la paix, elle est morte » ?

Voici ce que je veux dire à ces infirmières : cette femme, Joyce Echaquan, que vous avez traitée de si haut avec tant de mépris, avait un cœur, comme vous. Elle a aimé, comme vous. Elle a été aimée, comme vous. Elle était un être humain, comme vous.

   

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