L’essentiel, c’est de se comprendre!

Une langue ou une autre, l’essentiel c’est de se comprendre, entend-on parfois au Québec. Conclusion ? Autant passer à l’anglais, une langue qui a l’avantage d’être prédominante en Amérique du Nord et dans le monde. Sans dénigrer l’aspiration au bilinguisme ou son utilité, force est de constater que d’aucuns sous-estiment cette belle langue française qui fonde une bonne partie de notre identité et qui nous distingue. Pourquoi ne pas afficher ces différences qui suscitent, plus qu’on le croit, l’intérêt pour notre petit coin d’Amérique ? […] Pourquoi ne pas donner la chance à nos compatriotes anglophones et allophones de pratiquer leur français, et les encourager en ce sens ? Le français demeure une langue de stature internationale qui offre la possibilité de communiquer avec un grand nombre de locuteurs sur la planète.

Une langue aussi belle ne sert pas uniquement à communiquer des consignes élémentaires dans un emploi ou à faire du commerce. Elle recèle des sonorités uniques et une source inépuisable de mots pour sonder les profondeurs de la pensée humaine, et décrire la réalité de façon nuancée, voire poétique. Être sidéré, interdit, tétanisé, foudroyé, médusé me semble aussi séduisant que l’emploi du mot « flabbergasté » en usage dans les médias. Contrairement à ce que l’on croit, notre français reflète notre histoire, nos humeurs et notre humour. […] Certes, notre français québécois ou canadien peut et doit s’améliorer, s’épurer, se raffiner et évoluer. Maîtriser une langue, c’est l’entreprise de toute une vie. Mais de se laisser dire qu’on ne parle pas le vrai français, ou de se montrer trop indulgent sous prétexte que c’est une langue difficile à apprendre, voilà de graves erreurs qui ne servent pas notre cause. Il serait temps d’achever la longue décolonisation de nos esprits et de développer une plus grande fierté !

   

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