Le libre choix du cégep anglais? Impossible!

Les cégeps anglais ont été créés légalement pour garantir les droits historiques de la minorité anglaise du Québec. Ces cégeps existent donc expressément pour desservir les seuls anglophones, soit 8,1 % de la population. Or, l’auteur Frédéric Lacroix constate que « la majorité des étudiants inscrits au cégep anglais sont maintenant des allophones (40 %), tandis que les anglophones ne forment que 35 % des effectifs environ ». Ce fait explique que les anglophones sont devenus minoritaires dans leurs propres cégeps. C’est le monde à l’envers.

Le Québec assure un régime d’éducation public général et gratuit dans la langue officielle à tous les citoyens, peu importe leur langue maternelle. Il se comporte alors comme tous les États, mais, en outre, il assure aux anglophones un régime particulier qui leur est propre et exclusif. Il ne s’agit pas d’un régime parallèle au régime public. Il ne peut donc être question du choix d’un cégep par un individu indépendamment de sa langue. Ce choix est fait par le législateur : cégep anglais pour les anglophones et cégep général, c’est-à-dire français, pour les autres. Le gouvernement doit respecter cette législation d’ordre public, ce qu’il n’a pas fait jusqu’à présent. L’État doit donc cesser immédiatement de payer pour des élèves non anglophones dans ces cégeps. Un simple décret ministériel lui suffit pour le faire.

Faut-il le rappeler, la pratique suivie jusqu’à présent pour les non-anglophones dans les cégeps anglais est contraire au but même de la création de ces derniers. Elle est, en outre, un facteur d’anglicisation galopante aux frais de l’État par surcroît. Le gouvernement doit donc modifier son projet de loi illégal en conséquence.

 

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