La réussite dans les écoles publiques et privées du Québec

À l’émission On va se le dire du 17 mai courant, une statistique lancée par Mme Isabelle Plante, professeure à l’UQAM, m’a laissé perplexe. Elle affirme que 87 % des élèves des écoles secondaires publiques de l’Ontario obtiennent leur diplôme contre 67 % seulement pour les écoles québécoises. Cette différence est considérable et pourrait laisser croire que nous sommes les cancres du pays ! Or il n’en est rien. La distorsion vient du fait qu’il y a, en proportion, quatre fois plus d’élèves dans les écoles privées québécoises que dans celles de la province voisine et qu’on fait une sélection des élèves dans les écoles privées. Si on compte tous les élèves, on arrive à peu près au même pourcentage de diplomation.

La grande différence est que 20 % des élèves du secondaire fréquentent l’école privée au Québec contre 5 % en Ontario. Et que, même si on ne fait plus passer d’examen d’entrée pour les écoles privées, on demande tout de même les bulletins des dernières années du primaire. Cela permet une subtile sélection qui a le mérite de rester invisible. Et de plus, en cours de route, on se permet de renvoyer les mauvais élèves.

Avec le soutien de l’État qui finance à bonne hauteur l’école privée, on a donc créé au Québec le système le plus inégalitaire au Canada. Le professeur émérite Guy Rocher déclarait d’ailleurs : « On a un système très élitiste et sélectif. Moi, ça me scandalise. C’est effroyable qu’on en soit là. »

Je ne dis pas que les écoles privées ne sont pas excellentes. Je dis simplement que leur réputation est surfaite par la sélection des élèves qu’elles font et par la possibilité qu’elles ont de renvoyer au public tout élève qui pose problème.

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