Du terme «cheugy»

Je suis tombé sur un article du Devoir à propos du terme « cheugy » ce matin. Ce terme que l’on peut qualifier de péjoratif et que certains membres de la génération Z utilisent pour désigner ceux de la génération qui les précède (25-40 ans), très arbitrairement, selon leurs goûts, leurs habitudes de vie, de consommation…

Dites-moi… En cette ère de politically correct où il devient de moins en moins accepté de montrer du doigt ou de « shamer » toutes sortes de catégories sociales plutôt minoritaires, devient-il du même coup bien vu d’en faire autant avec tout un pan de la population, aussi « majoritaire » soit-il ? Se cherche-t-on des prétextes pour juger des masses qui n’ont demandé qu’à exprimer leur appartenance à une époque et qui se retrouveront inévitablement à scruter chaque recoin de leur quotidien à la recherche du moindre indice les condamnant au kitsch déterminé par une poignée de jeunes issus d’une génération elle-même en quête d’identité ?

Ne souhaite-t-on pas, par l’éveil aux différences, l’émergence d’une décomplexion des individus, d’un épanouissement des personnalités ? Comment des mouvements réduisant aussi bêtement ces mêmes individus à leurs choix sont-ils compatibles avec des idéaux d’acceptation et d’inclusion ? L’exacerbation des différences entre « générations » n’est-elle pas seulement un autre triste épisode dans ce trop long feuilleton de l’incompréhension et de l’exclusion ? Catégoriser les gens et leur faire ressentir une honte quant à leurs goûts personnels semble à mon avis contre-productif dans une société que l’on souhaite ouverte, inclusive et épanouie. Juger la différence, qu’elle se trouve dans la couleur de peau, l’orientation sexuelle ou les habitudes de vie, me semble l’idée centrale à combattre ; la seule idée qui soit vraiment d’une autre époque.

 

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