Vivre en anglais

La chronique de Michel David du samedi 15 mai 2021 intitulée « Vivre en anglais » présente une excellente analyse globale du projet de loi 96. Mais c’est vraiment la dernière phrase de sa chronique qui tue : « Il appartient aux francophones de prendre les moyens de vivre en français, s’ils y tiennent vraiment. »

On ne devient pas bilingue à Montréal pour répondre en anglais à un commis dans un commerce sur la rue Sainte-Catherine qui nous adresse la parole dans la langue de Shakespeare, néanmoins combien le font ? Un peuple qui reste craintif de froisser un commerçant qui lui parle dans une autre langue chez lui est un peuple qui a gardé des réflexes d’un passé, disons, servile. Certains Montréalais francophones sont encore très réservés au centre-ville devant un jeune commis qui leur vend des espadrilles en anglais. On entend souvent comme échappatoire « je pratique mon anglais » ou « c’est plus facile si je lui parle en anglais ». C’est triste.

Le Québec a eu Robert Bourassa, René Lévesque et Camille Laurin à des périodes charnières de son histoire pour ancrer le français dans sa fondation et ses lois. Aujourd’hui, François Legault et Simon Jolin-Barrette poursuivent en solidifiant la structure législative du français. Comme le dit M. Legault, c’est notre tour… Mais si les Montréalais restent frileux et « gênés » en magasinant rue Sainte-Catherine, le projet de loi 96 ne sera jamais qu’un projet. […]

 

À voir en vidéo

3 commentaires
  • Yann Leduc - Abonné 18 mai 2021 12 h 13

    La langue est une question collective

    Demander à chaque québécois de se tenir debout devant les commerçants unilingue anglais n'est qu'un voeu pieu. La langue est une question collective et non individuelle. Une langue rayonne si elle est portée par des institutions fortes (école, hopital, entreprise privée, fonction publique, institutions et événements culturels, médias, etc.), point à la ligne.

  • Pierre Boucher - Inscrit 18 mai 2021 12 h 40

    Chiffe molle

    « Tout ce qui intéresse le Québécois, c'est le pH de sa piscine. »
    « Quand un peuple meurt, ça meurt longtemps et ça fait mal. »
    --- Pierre Falardeau

    Le Québec, une chiffe molle qui s'aplatit au moindre regard désaprobateur.
    Là, on s'aplatit devant des idéologies qui nous arrivent d'en bas.
    On va finir par se sentir coupable. Le Québec a un don pour se sentir coupable.
    Et certains quotidiens embarquent dans ces dérives immondes.

  • Réal Gingras - Inscrit 18 mai 2021 16 h 10

    Il n’y a pas que la rue Sainte-Catherine.

    Allez vous promener dans le Mile-End sur l’avenue du Parc, dans Parc Extension,
    dans Côte-des-Neiges ou ailleurs dans différents quartiers de Montréal, vous constaterez que l’anglais est partout.

    Il ne faut jamais répondre ou continuer à discuter en anglais . Il faut continuer à parler le français même si le commerçant continue à vous parler en anglais. Le problème n’est jamais de notre côté . Il est toujours de leur côté. Très souvent , il s’agit de nouveaux arrivants qui utilisent l’anglais comme langue seconde et qui n’ont pas encore compris , ”les pôvres”,
    qu’ils sont en territoire français. Rares sont les ”English roots” de Montréal qui ne vous parleront pas en français. Les Québécois sont mous quand vient le temps de s’affirmer en français.

    Quand un commis vous dit : Bonjour, Hi!. Vous pouvez lui dire que le ”Hi” n’est pas nécessaire. Attendez de voir sa réaction.:-) et surtout continuer toujours à parler français.

    En tout cas, avec cette loi 96 nous allons bien nous amuser car tous les jours il sera possible de porter plainte pour le non respect de l’utilisation du français.

    Sur ce, je vous donne rendez-vous à la Maison Indian Curry sur Jean-Talon dans Parc Extension pour tester ce que je viens de dire puis je vous invite à faire la liste de tous les commerces où nous allons porter plainte.

    Pour porter plainte se rendre simplement sur :
    https://www.oqlf.gouv.qc.ca/francisation/respect/plainte/formulaire_plainte.aspx