Accès limité aux cégeps anglophones

Parmi les stratégies pour stopper le déclin du français, on propose de contingenter l’admission aux cégeps anglophones pour tous ceux qui ne seraient pas des Anglos « patentés » et qui sont pourtant très nombreux à faire de ces établissements leur premier choix. Outre la petite bizarrerie (dont on s’accommode déjà très bien) que cette mesure confère plus de droits aux anglophones qu’aux autres, la situation présente devrait inciter les cégeps à se poser une question simple : comment répondre à cette demande qui nous échappe sans recourir à des contraintes réglementaires ? Évidemment, cela nécessiterait un peu d’écoute, un peu de créativité et sans doute quelques petits efforts pour faire les choses autrement. D’ailleurs, cette incapacité de certains établissements d’enseignement à répondre à des demandes raisonnables des citoyens se retrouve aussi au niveau primaire. Des écoles « d’exception » (bien que publiques et francophones) sont très convoitées et doivent limiter les inscriptions. Exception, dites-vous ? Mais pourquoi l’inscription à des programmes de musique, de science ou de langues modernes devrait-elle être réservée à quelques happy few, sélectionnés sur la base de leur intelligence présumée ou de l’endurance de leurs parents à faire la queue dès avant l’aube, ou encore par loterie ? Pourquoi ne pas offrir de tels programmes à ceux et celles qui les demandent ?

Enfin, certains veulent restreindre l’accès aux études supérieures en anglais parce qu’ils présument, sans qu’on ait vu aucune étude sérieuse sur la question, que les diplômés de ces établissements auront tendance par la suite à faire un transfert culturel et à vivre leur vie en anglais. Est-ce vrai, est-ce faux, il faudrait peut-être demander à Paul St-Pierre Plamondon et à Véronique Hivon ce qu’ils en pensent !

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5 commentaires
  • Mathieu Lacoste - Inscrit 14 mai 2021 07 h 56

    «il faudrait peut-être demander à Paul St-Pierre Plamondon et à Véronique Hivon ce qu’ils en pensent!» (François Thérien)


    Demandez-le donc à Don Cherry, afin que la réponse vous convienne

    Par ailleurs, je vous propose d'éclaircir le mystère suivant:

    Nombre de Suédois [d'Allemands, de Néerlandais] maîtrisent l'anglais, alors même que l'enseignement général et technique en Suède [en Allemagne, aux Pays-Bas] est en suédois [en allemand, en néerlandais];

    Comment dans ces conditions ces gens-là parviennent-ils à maîtriser l'anglais?

    En ce qui concerne nos cégeps, ils ont généralement un laboratoire de langues où les étudiants ont le loisir d'apprendre notamment l'anglais.

  • Michel Lebel - Abonné 14 mai 2021 09 h 09

    À clarifier

    Toute cette question du contingentement des cégeps anglophones doit être étudiée avec grand soin. Une certaine confusion et rhétorique semblent exister à ce sujet. Les données ne sont pas claires.

    M.L.

  • Ginette Lessard - Abonnée 14 mai 2021 14 h 32

    Littérature et philosophie

    Il y a maintenant peu de place à la littérature au Secondaire. Les cours de formation générale dans un cégep francophone ont pour but, entre autres, de donner un socle commun en littérature de langue française et en philosophie. Ce sont des éléments importants pour une culture commune, ciment de notre société. C'est pourquoi je ne suis absolument d'accord avec l'affirmation que pour les cégeps anglophones "les diplômés de ces établissements auront tendance par la suite à faire un transfert culturel"

    • Ginette Lessard - Abonnée 14 mai 2021 23 h 22

      Correction : C'est pourquoi je suis absolument d'accord...

  • Bernard Daoust - Abonné 14 mai 2021 15 h 14

    Pour surenchérir.

    J'habite une municipalité au status offciel billingue, environ 30% des citoyens y sont anglophones. L'école primaire de mon village est l'une des seules au Québec qui est partagée par une comission scolaire anglophone et francophone, et les deux langues cohabitent dans la cours d'école. Malgré cette belle opportunité, mes enfants n'ont eu que des profs d'anglais francophones aux accents très perceptibles. Le prof de français langue seconde du côté anglophone est bien sûr anglophone d'origine, pour faire symétrique sans doute... Les élèves et les ressources sont ainsi cantonnées dans leur division linguistique respective. À chacun sa langue et l'enseignement médiocre de la seconde (ils n'arrivent même pas à s'entendre sur la synchronicité des journées pédagogiques, alors j'ai peu d'espoirs pour les échanges culturels).

    Et après on s'étonne que des étudiants optent pour un cégep anglophone, y voyant leur dernière chance d'y apprendre sérieusement l'anglais. En attendant un meilleurs enseignement de la langue seconde, il faut espérer que des étudiants anglophones font le saut dans l'autre direction...