Prise de conscience

Monsieur le Premier Ministre,

J’ai lu avec grand intérêt un article du journal Le Devoir du 11 mai 2021, intitulé « […] L’affaire Joyce Echaquan, loin d’être un cas isolé ». Cela a été pour moi une prise de conscience que la discrimination envers les Autochtones est beaucoup plus prévalente que ce que l’on pouvait croire. J’ai été particulièrement frappé par la citation du juge à la retraite Jacques Viens dans le rapport de la Commission d’enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics au Québec : « Les voix entendues sont assez nombreuses pour affirmer que les membres des Premières Nations et les Inuits ne se sentent pas en sécurité lorsque vient le temps de mettre leur santé entre les mains des services publics. »

Je comprends que vous ne vouliez pas utiliser le terme « racisme systémique ». Je le croyais, moi aussi, que c’était différent. Mais plus maintenant. Ne pensez-vous pas qu’avec l’éclairage que donne ce reportage et ceux qui suivront certainement, vous devriez réviser votre position ?

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5 commentaires
  • Marc Therrien - Abonné 13 mai 2021 07 h 51

    Prise de conscience que c'est à l'autre de changer


    Vous lirez peut-être encore dans les commentaires suivant votre lettre que les Québécois qui sont prêts à reconnaitre le concept de racisme systémique le font à partir de leur expérience ressentie comme victime de l’oppression du Canada colonisateur responsable de « l’infâme » Loi sur les Indiens. Ce qui fait qu’entre victimes, on se pointe du doigt mutuellement en invoquant que c’est à l’autre de changer pour que s’améliore la situation que l’on dénonce.

    Marc Therrien

  • Cyril Dionne - Abonné 13 mai 2021 09 h 12

    Le plus grand malheur dans cette histoire, c’est la discrimination volontaire que les autochtones entretiennent envers eux-mêmes en voulant perpétuer les réserves

    Bon. Cette lettre aurait dû débuter avec « Cher Justin Trudeau, premier ministre du Canada et propriétaire de l'infâme la loi constitutionnelle sur les Indiens ». Le Québec, dans l’imaginaire des multiculturalistes « canadian », n’est qu’une succursale du Canada sans aucun pouvoir véritable. François Legault n'est qu'un vassal d'Ottawa.

    La discrimination dite « systémique » est inscrite en noir et blanc dans le document légal le plus important du Canada. C’est là où on devrait concentrer toutes nos énergies en commençant par les autochtones. Mais il semble y avoir une certaine réticence de la part des premiers concernés. Ils vont vous citer qu’ils ont peur de l'assimilation et de l'acculturation. De toute façon, les jeunes des réserves, pour leur avoir enseigné pendant des années, ne partagent pas les dires de ceux qui sont supposément leurs représentants. Eux aussi voudraient avoir la chance de s’épanouir et de goûter à la vie hors des sentiers de l’apartheid et la ségrégation volontaire. Ils rêvent tous d’une vie hors des réserves, vous savez, ces prisons à ciel ouvert. En passant, ils parlent presque tous anglais, la leur langue première et plus de 50% d’entre eux vivent déjà hors des réserves. Même Michel Jean de la communauté de Mashteuiatsh et que j’apprécie beaucoup, est le chef d'antenne le week-end à TVA et à LCN. C’est un journaliste qui a compris ce dilemme de sortir d’un cet emprisonnement volontaire que sont les réserves.

    Tant et aussi longtemps que les peuples autochtones ne feront pas face à la dynamique qui les emprisonne, la discrimination systémique sera toujours omniprésente. On pourrait dire la même chose du peuple québécois. Mais au moins, ils ne choisissent pas volontairement de vivre sur un petit lopin de terre qui ne leur appartient même pas et dans une maison qui est la propriété de l’état canadien. On vit chez nous.

    Alors, si quelqu’un doit réviser sa position, eh bien, cela commence à Ottawa et dans les réserves indiennes.

    • Christian Roy - Abonné 13 mai 2021 16 h 07

      "Alors, si quelqu’un doit réviser sa position, eh bien, cela commence à Ottawa et dans les réserves indiennes."

      J'en conclue M. Dionne que Québec peut "dormir tranquille".

  • Denis Langlois - Abonné 13 mai 2021 16 h 01

    discrimination systémique

    C'est l'expression employée par le juge Viens dans son rapport, et non racisme systémique comme certains veulent le faire croire pour mieux stigmatiser et polariser le débat. Et c'est normal dans la mesure où en tant que juge, il sait très bien que si la discrimination systémique est bien cernée et définie par les tribunaux qui se sont dotés de moyens pour y répondre, dont les accomdements raisonnables d'ailleurs, ce n'est pas le cas du racisme systémique, expression paradoxale s'il en est, le racisme étant défini comme une idéologie (supériorité/infériorité des races) et le systémisme comme effet de système le plus souvent inconscient et involontaire... on fait ça comment une idéologie involontaire?!

  • Christian Roy - Abonné 13 mai 2021 16 h 20

    Le défi...

    Passer d'une vision anecdotique à une vision systémique...

    Passer d'une vision partisane et étroite à une vision inclusive et complexe...

    Certains d'entre nous vivent présentement sur une terre plate, d'autres, au même moment, envoient des téléscopes au-delà de la lune pour y scruter les tréfonds du cosmos.

    M. Legault a le point de vue de M. Legault sur la question du racisme. Et pour lui, le qualificatif de "systémique" est inapproprié. C'est comme ça que ça se passe ici ! Qui sait si la Terre n'est pas plate, finalement ?