La pandémie a le dos large !

Comment expliquer la difficulté, voire l’impossibilité, d’obtenir une rencontre sans rendez–vous avec un médecin.

Comme bien d’autres, j’ai perdu mon médecin de famille après 30 ans de fréquentation. Je me suis donc inscrite sur le site de recherche d’une telle denrée rare et ai tiré à la loterie la 500e place sur la liste. À 80 ans, c’est un peu problématique. On tente de nous consoler en nous disant qu’on peut fréquenter les cliniques sans rendez-vous de la région. Mais surtout, il faut éviter de fréquenter les urgences des hôpitaux, à moins de graves problèmes.

J’ai naïvement tenté ma chance à la clinique GMF de mon quartier. Tout y est bien prévu. Pour les patients qui n’y ont pas de médecin, ils doivent attendre minuit pour tenter leur chance, soit après ceux qui ont la chance d’avoir un médecin. Devinez quoi : il n’y a aucune disponibilité. Et ne vous avisez pas de vous rendre directement à la clinique : vous serez arrêté par un cerbère qui n’admet que les personnes qui ont rendez-vous au sans rendez-vous.

La recherche d’une place en sans-rendez-vous est donc confiée à Bonjour Santé, qui moyennant cotisation peut vous dénicher le précieux trésor quelque part dans votre région.

Si nous sommes chanceux, nous obtiendrons une consultation téléphonique ; sinon, nous finirons par nous retrouver… à l’urgence.

Cette situation est certainement très problématique pour des personnes qui ne peuvent se retrouver dans le dédale du système de santé. Sans compter celles et ceux qui craignent la COVID-19. Bien des conditions de santé vont s’aggraver si elles ne sont pas traitées à temps.

Dans un système de santé où on est paraît-il devenus des clients, il faut une sacrée patience pour avoir la chance de redevenir des patients.

 

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