Cher ami frileux

Je te comprends bien, d’être frileux devant l’idée de te faire vacciner. En effet, il y a un certain danger à recevoir ce fameux vaccin, à peu près semblable à celui d’être atteint par la foudre en se promenant, bien inférieur au risque d’être frappé par une auto en traversant la rue ou aux chances de gagner un gros lot à la loterie.

Tu dois craindre aussi l’atteinte à nos droits individuels. Comme toi, je n’aimerais pas vivre dans ce grand pays où la « reconnaissance faciale » permet à la police de discerner qui, dans la foule assistant à un match de sport, a déjà manifesté contre une loi… Évidemment, au Québec on est encore pas mal loin de cela, il n’y a même pas de carte d’identité !

Je comprends que tu sois frileux devant l’idée d’un certificat de vaccination et je compatis avec toi. Probablement, tu dois refuser de visiter un pays qui exige tel vaccin et tu ne voyages pas en avion à cause de l’inspection dite de sécurité. Je me souviens bien de cette mention affichée à l’entrée de la zone d’inspection de l’aéroport — peut-être est-elle encore présente, cela fait un bon bout de temps que je n’ai pas pris l’avion —, elle disait à peu près : « L’inspection n’est pas obligatoire. Il suffit de ne pas monter en avion. »

J’imagine aussi que tu ne conduis pas d’automobile, au cas où un policier demanderait à voir ton permis de conduire. De plus, de nombreuses d’obligations briment notre liberté de conducteur : il faut arrêter aux feux rouges, ne pas dépasser 120 km/h, c’est tellement frustrant…

Cher ami frileux, je te comprends et je te plains. Je nous plains tous, puisque ta réticence va retarder encore le moment où tes voisins, tes concitoyens pourront recommencer à aller au restaurant ou au spectacle…

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