L’importance de se faire vacciner

[…] J’ai vu trop de patients souffrir de ce virus. J’en ai intubé. J’en ai également vu mourir. J’en ai transféré à Trois-Rivières, parce que nos étages débordaient. J’en ai envoyé mourir à petit feu à l’École nationale de police du Québec, parce que notre hôpital n’avait même plus les ressources physiques, matérielles et humaines pour qu’ils meurent chez nous. J’ai vu de jeunes adultes en santé, sans condition chronique et sans tabagisme sous-jacent, essoufflés juste en parlant, même plusieurs semaines après avoir contracté la maladie. J’ai vu des personnes perdre le goût et l’odorat pendant des mois. Ça peut avoir l’air niaiseux, mais la vie est plate quand on ne goûte rien et qu’on ne sent rien. Est-ce que ça revient un jour ? On ne le sait pas trop. Chez certains oui, chez d’autres non. On ne sait pas grand-chose, en fait. Les connaissances évoluent au fil du temps. L’avion se construit en plein vol, pour paraphraser notre premier ministre. […]

Plus que jamais, l’heure est à la solidarité. Les vaccins sont sûrs et efficaces, et constituent la seule porte de sortie durable à cette crise qui n’en finit plus. Pour que nos vies normales reprennent leur cours, il faut qu’une proportion importante de la population soit immunisée, afin que la transmission soit minimale.

La vaccination permet de se protéger soi-même, mais aussi de protéger les autres, en diminuant les chances d’être un vecteur. C’est la raison pour laquelle je considère que se faire vacciner est un geste altruiste. Notre société, gangrenée par la culture de l’individualisme tout puissant et du je-me-moi, a besoin de plus d’altruisme. Souhaitons que cette sortie de crise nous permettra de retrouver, collectivement, un peu de notre humanité perdue en chemin.

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