Les profits avant la santé mondiale

Dans mon pays natal, l’Éthiopie, la COVID-19 fait des ravages. Comme l’Éthiopie est un pays à faible revenu qui ne peut se permettre de se procurer des vaccins de façon indépendante, des millions de personnes, y compris des personnes à risque, ne recevront pas de vaccin sûr et efficace contre la COVID-19 pendant des années. Cela devrait nous préoccuper tous, car la seule façon de mettre fin à la pandémie mondiale, y compris ici au Canada, est de s’assurer que les vaccins atteignent tout le monde, partout.

Ce qui est consternant, c’est que de nombreux pays à revenu faible ou intermédiaire, y compris en Afrique, ont déjà la capacité de fabriquer leurs propres vaccins et de sauver de précieuses vies, mais ils ne peuvent le faire que si les droits de propriété intellectuelle sont levés. Il n’est pas surprenant que les sociétés pharmaceutiques ne partagent pas la propriété intellectuelle, le savoir-faire et les données par pure cupidité. Il est immoral que le Canada et d’autres pays à revenu élevé refusent d’appuyer la dérogation aux droits de propriété intellectuelle de l’ADPIC proposée par l’Afrique du Sud et l’Inde à l’Organisation mondiale du commerce pour permettre l’augmentation de la production de vaccins.

Alors que nous célébrons la Semaine mondiale de la vaccination du 24 au 30 avril, le Canada doit appuyer la dérogation à l’ADPIC déposée à l’OMC et faire passer la vie des gens avant les profits des sociétés pharmaceutiques subventionnées par l’État.

 
3 commentaires
  • Nadia Alexan - Abonnée 30 avril 2021 01 h 12

    “Nous vivons dans un monde où le plus n'est jamais assez, où l'opportunisme et la cupidité se généralisent.”

    Nous vivons dans le siècle qui sera connu comme celui de «la cupidité».
    On parle du bout des lèvres de la solidarité humaine et de la coopération internationale, mais en réalité, on pratique le laissez-faire, quand il s'agit de profits des pharmaceutiques qui pratiquent la cupidité sans vergogne, malgré le fait que la recherche scientifique se fait le plus souvent avec l'argent des contribuables.
    Nous sommes loin des scientifiques dans le passé qui ne faisait pas la recherche pour l’acquisition de la propriété intellectuelle, mais pour soulager la souffrance des malades. Quand un journaliste a posé la question à Jonas Salk, celui qui a découvert le vaccin contre la poliomyélite, «à qui appartient le brevet intellectuel, Salk a répandu: «au peuple, naturellement. Peut-on breveter le soleil», a-t-il ajouté?
    L'Histoire ne sera pas tendre envers les dirigeants des pays riches qui favorisent l'enrichissement de quelques oligarques à la santé mondiale.

  • Cyril Dionne - Abonné 30 avril 2021 09 h 09

    Il y a plusieurs façons de mourir en Éthiopie

    Bon, il y a plusieurs façons de mourir en Éthiopie et le coronavirus n’est qu’un autre moyen de plus. Les famines, les massacres, la violence sectaire, les guerres civiles, la pauvreté, la malnutrition et les maladies infantiles qui réclament un tribun d’enfants à toutes les années. En fait, la malaria est responsable de beaucoup plus de morts dans ce pays que la COVID-19. À date, il y avait 3 658 décès dus au coronavirus en Éthiopie. Pour la malaria, c’est 70 000 morts et plus chaque année. Alors, la COVID-19 dans ce pays est un souci secondaire et de moindre mal si on considère tout le reste.

    Bon, on voudrait maintenant qu’on donne toutes les recherches faites sur les vaccins pour que les autres les utilisent gratuitement. C’est humanitaire et c’est beau tout cela, mais si cela est la norme, eh bien, personne ne va investir des milliards en recherche pour trouver des solutions aux maux et aux maladies qui nous affectent. C’est la recherche qui coûte cher pour les vaccins, pas la fabrication de ceux-ci.

    Pourquoi devrions-nous supporter une dérogation? Pourquoi? Encore une fois, c’est beau le slogan : « la vie des gens passe avant profits des sociétés pharmaceutiques subventionnées par l’État », donc nous les contribuables, mais à la fin de l’exercice, c’est monsieur et madame tout le monde d’ici qui va payer le prix. Disons poliment qu’on serait tenté de passer sur cette affaire. Nous ne sommes pas la conscience de monde et nous ne voulons plus intervenir dans les affaires des autres pays pour qu'ils nous le reprochent plus tard.

    • Guy Milette - Abonné 30 avril 2021 17 h 47

      OUF! J'ai beaucoup de difficulté à comprendre votre argumentation. De plus, " ...nous ne sommes pas la conscience du monde ..." me ramène à " mon petit nombril" . Peut-être que je me trompe!