Francisation des travailleurs: les écoles de langues privées exclues de l’équation

Alors que la situation de langue française à Montréal est au cœur de bien des débats et est souvent montrée du doigt, tout comme la francisation des travailleurs étrangers, il est impossible pour les écoles de langues privées de contribuer à la solution.

Sans surprise, à Montréal et même partout au Québec, nous avons besoin d’embaucher des employés de l’extérieur du pays afin de pallier le manque de main-d’œuvre. Par contre, ces employés arrivent souvent en sol québécois sans aucune connaissance du français et doivent se tourner vers la formation linguistique.

Je travaille dans le domaine des langues à Montréal depuis cinq ans, et les programmes de formation linguistique subventionnés par Emploi Québec à Montréal ne sont octroyés qu’à la Commission scolaire de Montréal (maintenant le Centre de services scolaire de Montréal). Ils sont les seuls autorisés à offrir des cours de francisation en entreprise dans le cadre de ces programmes subventionnés. Mais qu’en est-il des écoles de langues privées qui souhaitent faire partie de l’équation ? Nous aurions pourtant participé à l’appel d’offres… s’il y en avait eu un. Les écoles de langues privées de l’île de Montréal ne font partie ni de l’équation ni de la solution. Pourtant, nos enseignants sont compétents, qualifiés et pourraient même accélérer le processus de francisation.

Nous permettons aux nouveaux arrivants d’être fonctionnels en français et de s’intégrer rapidement au sein de l’entreprise francophone pour laquelle ils travaillent ainsi qu’à leur milieu de vie… Malgré nos services certifiés et notre mission commune, nous ne sommes pas pris en compte par le gouvernement. D’ailleurs, même l’un des cégeps privés de la
région avec qui nous travaillons étroitement s’est vu refuser des mandats en francisation.

Nous savons tous que la francisation est un enjeu important à Montréal et que les besoins linguistiques des entreprises sont grandissants. Plus que jamais, nous sommes aptes à offrir des formations en entreprise afin que les travailleurs étrangers puissent travailler en français rapidement. Il nous est cependant impossible de faire partie de la solution. Pourquoi ?

1 commentaire
  • Bernard LEIFFET - Abonné 26 avril 2021 08 h 02

    Avec l'événement de la loi 21, la loi 101 en passe de subir le même sort, la CAQ, la peur au ventre, a trouvé le moyen de clouer le bec aux lanceurs d'alerte en s'attaquant à ses employé(e)s.

    Rien ne va plus et pendant que bateau prend l'eau, c'est la loi du silence imposée par François Legault, ses ministres et ses gestionnaires! Ces derniers sont donc chargés non plus seulement de faire leur travail pour lequel ils sont payés, mais en plus de CONTRÔLER leurs employé(s)s! Au diable le PRAGMATISME qui nous a été transmis sans arrêt par les médias! Ces derniers ont été bernés par un gouvernement de façade dont le contenu ne fut que des promesses, tout comme dans le ROC! Voilà où nous en sommes rendus!
    Les franco-québécois savent mieux que quiconque que la langue recule chaque jour et que le temps presse d'avoir des immigrants pour qu'ils puissent travailler pour eux, leurs familles, bref pour le Québec!
    La centralisation du pouvoir étant le seul moyen de se tenir politiquement en place, faut-il s'étonner que de nombreuses personnes se posent des questions! Pendant que ce gouvernement sourit aux journalistes pour calmer le jeu, faire semblant que tout va bien car il A LE CONTRÔLE,le masque tombera, car ce n'est pas ça qui est important Les vraies affaires sont plutôt celles des citoyens qui veulent un Québec libéré des oppressions de partout!