Langue et religion

Affirmer que les droits linguistiques de la minorité anglophone du Québec protègent la religion m’apparaît douteux. C’est faire fi de l’amendement constitutionnel (le seul) intervenu en 1997 entre les autorités fédérales et celles du Québec pour déconfessionnaliser le système scolaire québécois, lequel fut par la suite réaménagé sur une base linguistique (français-anglais) plutôt que religieuse (catholique-protestant). A contrario, c’est aussi oublier les décisions judiciaires qui ont déclaré que la religion ne protégeait pas la langue et qui ont ainsi validé le fameux règlement 17 en Ontario, lequel bannissait l’usage du français dans les écoles de cette province.

 
13 commentaires
  • Pierre Boucher - Inscrit 23 avril 2021 05 h 08

    Francesca

    Mon amie Francesca est arrivé au Québec avec sa famille italienne -- et catholique -- dans les années 50 ou 60.
    Comme elle ne parlait pas français, la commission scolaire confessionnelle l'a mise à l'école anglophone. Ce qui fut un frein à son intégration avec le Québec français.
    Alors, faut pas se demander pourquoi les Italiens parlent plus anglais que français.
    Ce fut le cas pour tous les immigrés allophones.
    Ma femme, fille d'un immigré français, a été mise à l'école anglophone par esprit anti-catholique. Tous étaient des immigrés sauf les anglos d'ici.
    En 1962 ou 63, j'ai fait un doigt d'honneur au catholicisme, ce christianisme contaminé et toxique.
    Plus tard, je suis devenir disciple de Martin Luther, le meilleur choix de ma vie. Me voici Huguenot, c'est à dire francophone et protestant.

  • Michel Lebel - Abonné 23 avril 2021 06 h 56

    Des mauvaises décisions...

    En extensionnant l'article 23 de le Charte canadienne des droits et libertés à des droits religieux, le juge Blanchard a poussé le bouchon pas mal loin. Je doute fort que pareille interprétation soit retenue par les cours de juridiction supérieure.

    Tout ce psychodrame aurait pu être évité si le gouvernement caquiste avait exclu les enseignants et enseignantes du secteur public, du primaire et secondaire, de l'application de la Loi 21. Car à peu près tout le reste de cette loi sur la laïcité a été jugé valide. Le contexte électoral explique sans doute en bonne partie ce choix d'inclure ces enseignants dans cette loi. Ceci demeure une mauvaise décision; on le constate bien depuis l'adoption de la Loi 21.

    M.L.

    • Denis Forcier - Abonné 23 avril 2021 09 h 50

      Bien d'accord avec vous M. Lebel. Pourquoi avec la loi 21 être revenu au Québec catholique d'avant la révolution tranquille des années 60 où il était de bon ton d'interdire aux femmes de porter les vêtements qu'elles voulaient. Pourquoi déshabiller les femmes de leur hidjab et de prétendre qu'une fois leurs têtes nues , elles ne réprésentent aucun risque pour la liberté de conscience des enfants et des adolescents des écoles publiques primaires et secondaires ... mais pas les écoles privées dont on se soucierait moins de protéger cette liberté de conscience des enfants. À vrai dire, il faudrait revoir cette loi 21 plutôt que de risquer de subir encore et encore l'humiliation des tribunaux canadiens qui risquent fort de valider les considérations du juge Blanchard, et ainsi accroitre le potentiel de division de la société québécoise.

    • Nadia Alexan - Abonnée 23 avril 2021 11 h 06

      Monsieur Lebel: La loi 21 protège aussi les élèves. Imaginez une fille musulmane qui est obligée par ses parents de porter le voile. Serait-elle à l'aise de se plaindre à une maitresse qui aborde un voile?
      L'éducation doit être neutre de tout prosélytisme et d'endoctrinement.
      Derrière les portes closes de la Commission Stasi qui enquêtait, l'application du principe de laïcité mise en place en France, en 2003, les étudiantes des écoles publiques sont allées voir les membres de la Commission pour les supplier d'imposer l'interdiction du port du voile pour leur éviter le harcèlement par les garçons des filles qui ne portaient pas le voile.
      La loi 21 sur la neutralité de l'État protège les élèves, comme les enseignants, du prosélytisme et du fardeau du fanatisme que l'on veut imposer aux autres.

    • François Beaulne - Abonné 23 avril 2021 11 h 20

      <Tout ce psychodrame aurait pu être évité si le gouvernement caquiste avait exclu les enseignants et enseignantes du secteur public, du primaire et secondaire, de l'application de la Loi 21> affirmez vous.
      Permettez-moi d'en douter.
      Le débat sur la pertinence d'inclure les enseignants dans la loi sur la laïcité a été entendu et a fait consensus chez plus de deux tiers des députés de l'Assemblée Nationale qui ont voté pour, seuls les libéraux et QS s'y objectant.
      Personne ne nous fera croire que les enseignants, de par leur position d'autorité en classe, n'ont pas d'influence sur leurs élèves. Aucune étude sérieuse ne l'a contredit.
      Pour être un fervent observateur de l'actualité politique, vous ne pouvez quand même pas nier l'aspect divisif que les tirs groupés contre la loi 21 sont en train de produire au Québec, non pas en raison de la loi, mais plutôt en raison de l'attitude <séparatiste> de certains groupes religieux, comme a commencé à les décrire le Président Macron en France.

    • Nadia Alexan - Abonnée 23 avril 2021 13 h 58

      À monsieur Denis Forcier: Ce que vous refusez de comprendre est que le «hidjab» n'est pas un vêtement anodin comme vous le décriviez. Le foulard islamique est un symbole publicitaire très fort et très efficace, pour décrire l'islam politique qui infériorise la femme est la traite d'un objet sexuel pour les hommes.
      Toutes sociétés civilisées ont rejeté cette conception de la femme comme un objet sexuel inférieur aux hommes qu'il faut caché pour ne pas les inciter sexuellement.
      Toutefois, il faudrait se rappeler, que jusqu'a très récemment, avant l'avènement de l'Islam politique et les Frères musulmans, le foulard de la honte était interdit partout au Moyen-Orient et surtout en Turquie.

  • Richard Maltais Desjardins - Abonné 23 avril 2021 08 h 01

    De la finalité de l'article 23

    Le but visé en instaurant le droit positif à un enseignement dans la langue de la minorité n'était pas de pérenniser l'usage de celle-ci seulement, mais de favoriser l'épanouissement de la culture de ces minorités, à l'encontre notamment des velléités d'assimilation. Si la langue joue un rôle pivot à titre d'élément central d'une culture, elle n'est pas le seul dont la charte veut prendre soin. Par extension, ce aussi les croyances religieuses qui y sont protégées et promues, bien que ce ne soit plus au titre des droits fondamentaux mais comme éléments du fond culturel commun. Le jugement reconnaît et déplore l'aptitude que le gouvernement a de restreindre ce qu'il estime être un usage illégitime de la liberté de religion. Cependant, s'inspirant de la jurisprudence passée, il tire les conséquences d'une interprétation large de l'article 23 qui a servi dans le passé aux francophones hors-Québec d'inscrire leurs revendications scolaires comme enjeu bien plus fondamental que la seule préservation de l'idiôme. Ce qui est bon pour eux l'est pour les autres. Dans la mesure où des signes d'appartenance sont revendiqués pour le même type de fins (et non pour le motif religieux qui ouvre à l'usage de la dérogation), c'est à ne pas tenir compte de cette jurisprudence que la cour se serait mérité le reproche d'écrire le droit. Que ce droit en son état ne fasse pas l'affaire des souverainistes, on se demande s'il y a là matière à s'en attrister ou à s'en réjouir, selon son allégeance, qui est le fond de toute cette affaire.

    • Cyril Dionne - Abonné 23 avril 2021 10 h 48

      Cher M. Desjardins,

      Si dans une loi on veut protéger la culture ou la religion, on l’écrit tout simplement. Or, dans l’article 23, on ne fait aucunement mention de religion ou de culture. C’est simple comme bonjour; on parle des droits à l'instruction dans la langue de la minorité des ayants droit, soit la langue française ou anglaise. Dans la loi de 1988 sur le multiculturalisme, eh bien, on mentionne explicitement « l’importance de maintenir et de valoriser le patrimoine multiculturel des Canadiens » dans celle-ci, mot pour mot.

      SVP, ne parlez pas au nom des francophones hors Québec. J’en suis un de 3e génération qui n’est pas d’accord avec vous, moi qui a enseigné dans les conseils publics francophones et anglophones ainsi que dans les écoles catholiques françaises en Ontario. L’article 23 de la « canadian constitution » ne sert qu’à protéger la langue d’instruction et non pas la culture et certainement pas la religion. Les Franco-Ontariens aujourd’hui ne sont pas plus catholique que les Québécois et les églises n’arrêtent pas fermer en Ontario français. Les francophones hors Québec se servent de l’article 23 pour garantir leur droit à l’instruction dans leur langue maternelle et non pas pour préserver leurs croyances personnelles ou bien leur culture qui est aujourd’hui, anglo-américaine.

      Dans les écoles catholiques françaises en Ontario subventionnées à 100% par les deniers publics, aucun enseignant ne porte des signes ostentatoires. Aucun. Et on est à revoir le rôle de la religion catholique dans ces écoles parce qu’il contredit la Charte des droits et libertés canadienne constitutionnellement. La plupart des conseils catholiques ne s’affichent plus comme tel parce ce processus est discriminatoire dans une province aux multiples confessions religieuses.

      Honte à ce juge Post-it nommé par Ottawa d’avoir créé un système de partition de toute pièce au Québec et interpréter une loi selon des dogmes qui n’existent que dans son imagination.

  • Sylvio Le Blanc - Abonné 23 avril 2021 08 h 56

    Une lettre importante

    Bravo.

  • Marc Davignon - Abonné 23 avril 2021 09 h 31

    Car ...

    Avant de vous confronter à une religion, il y a la langue de votre interlocuteur qui vous expliquera à quoi il croit (si vous <parlé la même langue>).