Les archives, ces grandes négligées

J’ai fait ma thèse de maîtrise, obtenue en histoire en 1975, à l’Université de Montréal grâce aux archives des Sœurs de Sainte-Anne. C’est la générosité de cette communauté qui m’a ouvert ses archives afin de me permettre de mener à bonnes fins ce travail sur « Le collège Marie-Anne : fondation et expansion (1932-1958) ».

L’article bien documenté de Jean-François Nadeau sur ces archives et sur l’importance de sauver partout au Québec ces données essentielles démontre à quel point la situation de ces collections, à mon avis, tout aussi importantes que les données dans tous les autres domaines scientifiques est précaire.

Les histoires pénibles dont nous prenons connaissance à l’heure actuelle sur ce patrimoine, mal conservé, mal connu, parfois même en voie de disparition, ne semblent pas trop émouvoir nos gouvernements et la population en général.

En ayant eu accès aux archives des Sœurs de Sainte-Anne, j’ai pu découvrir et analyser les combats acharnés menés contre un clergé qui ne voulait pas voir s’ouvrir de nouveaux collèges classiques pour les filles, ce qui était la seule voie pour leur permettre d’accéder à l’université. Le premier collège avait été fondé en 1908 par les sœurs de la congrégation de Notre-Dame, l’approbation du clergé ayant été obtenue étant donné la menace de l’ouverture d’un lycée laïque à Montréal. Grâce, entre autres, à la complicité des sœurs des deux communautés, il fut possible aux Sœurs de Sainte-Anne d’ouvrir leur collège en 1932.

Comment faire l’histoire des femmes sans avoir accès aux archives des communautés religieuses qui furent durant des siècles des gestionnaires essentielles de nos services sociaux et éducatifs.

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