Des locataires aînés sont protégés de l’expulsion!

J’écris cette lettre au Devoir avec un sentiment d’urgence : en cette période si difficile pour de nombreuses personnes locataires, certaines d’entre elles sont pro-tégées de l’expulsion. On doit le faire savoir ! En lisant le dossier remarquable du Devoir de samedi dernier sur le logement (« Loyers en folie »), je n’ai pu m’empêcher de penser au projet de loi 492 adopté à l’Assemblée nationale le 10 juin 2016. Un tout petit projet de loi que j’ai piloté durant deux ans avec le concours inestimable du comité logement de la Petite Patrie.
Petit mais efficace !

La « loi 492 » dit ceci : un propriétaire ne peut faire partir une personne locataire âgée de 70 ans et plus, occupant son logement depuis 10 ans et dont le revenu est égal ou inférieur au revenu maximal lui permettant d’avoir accès à un logement à loyer modique. Autrement dit, si vous connaissez une personne aînée, à revenu modeste et vivant dans son logement depuis au moins 10 ans, faites-lui passer le message : son propriétaire ne peut la faire partir de son logement ! Il y a des exceptions prévues par la loi, mais elles sont mineures. Donc, n’hésitez pas ! La « loi 492 » ne protège pas tout le monde, hélas, mais des personnes parmi les plus vulné-rables, ces aînés que notre gouvernement dit vouloir soutenir depuis le début de la pandémie.

Il est étonnant, d’ailleurs, que la ministre de l’Habitation ne fasse pas une promotion plus
active de cette loi que le caucus caquiste a appuyée en 2016 avec l’aval du chef, un certain François Legault.

Dois-je rajouter que j’appuie les revendications des comités logement, à commencer par un registre national des baux qui permettrait aux nouveaux locataires de connaître le montant antérieur du loyer ? Se loger décemment et à prix raisonnable doit être considéré comme un droit social. Pour tout le monde !

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