Les évaluations ont besoin d’être revues

Les cours en ligne ont demandé une grande adaptation, autant en ce qui concerne les élèves qu’en ce qui concerne les techniques d’enseignement. Actuellement, les évaluations à livre ouvert sont davantage la norme, étant donné que, pour l’enseignant, il ne semble y avoir aucune façon d’empêcher les élèves d’utiliser leur matériel. Nous ne sommes plus dans une société où l’information se trouve dans un seul bouquin qui risque d’être brûlé. L’information est beaucoup plus accessible qu’auparavant. Alors, qu’attendons-nous pour changer la méthode d’évaluation traditionnelle ?

Il semble évident qu’il serait temps de permettre aux élèves de faire des examens à livre ouvert, puisque ceux-ci reflètent davantage la réalité actuelle. Pourtant, on continue de bourrer le crâne des élèves qui, par la suite, jettent ces notions aux oubliettes dans le but de faire place à de nouvelles connaissances nécessaires à leur prochain test. D’un côté, les examens à livre fermé rendent possible la mémorisation des concepts sans nécessairement les comprendre. D’un autre côté, les évaluations à livre ouvert demandent plus de temps, car il ne suffit pas de retranscrire les notions, il faut bien les assimiler. Ainsi, si un élève ne se prépare pas adéquatement pour l’évaluation, il n’aura pas le temps nécessaire pour terminer l’examen.

De plus, certaines universités, comme celle de Trois-Rivières, commencent à envisager un mode d’enseignement bimodal qui permettrait aux étudiants de choisir entre un mode d’enseignement à distance et un enseignement en classe. Cependant, il serait totalement injuste de demander aux étudiants en classe d’apprendre toutes les notions par cœur tandis que les élèves à distance auraient accès à leurs ouvrages et à Internet.

    
2 commentaires
  • Cyril Dionne - Abonné 8 avril 2021 07 h 10

    « Ce qui peut être évalué n'a pas de valeur » Chamfort

    Premièrement, les cours de cégep sont considérés comme des cours du secondaire partout au Canada. L’initiative québécoise est louable, mais cela n’empêche pas le fait qu’il manque plusieurs années au cheminement éducationnel d’un élève québécois si on le compare à un autre élève du secondaire d’une autre province.

    Ceci dit, oui pour les évaluations à livre ouvert en autant que les étudiants comprennent les concepts enseignés, ce qui n’est pas le cas pour plusieurs. Les évaluations à livre ouvert dictent à l’étudiant de résoudre les problèmes en utilisant une démarche scientifique qui peut être reproduite et qui aboutit toujours au même résultat. En mathématiques, il y a plusieurs façons de résoudre un problème, mais il y a toujours seulement une bonne réponse.

    Oui, l’information est accessible pour tous, mais il faut savoir aussi comment l’utiliser. C’est le nouveau paradigme pédagogique. Plusieurs ne savent même pas comment faire une recherche sur Internet et encore moins évaluer l’information qui en découle.

    Enfin, il faut aussi un minimum de mémorisation pour non seulement répondre aux questions, mais aussi être capable de le faire dans un temps alloué. C’est cela la synergie entre un apprentissage progressif et un autre qui est rigide. Niaiseux de le dire, mais plusieurs utiliseront une calculette pour trouver le résultat de 7 x 7.

    Bravo pour un enseignement bimodal qui permet à l’étudiant de choisir sa façon d’apprendre. Ayant fait les deux à l’université, je préfère de loin celui en ligne qui demande plus de travail et qui est plus exigeant. De cette façon, on ne perd aucun temps et on peut même cumuler un emploi à temps plein tout en étant un étudiant à plein temps.

    Pour résumer, une évaluation à livre ouvert sera plus exigeante, mais reflétera la réalité de tous les jours. Il s’agit seulement d’aller chercher la bonne information rapidement, de la décortiquer et de l’agencer dans un ordre logique et chronologique. Cela, ce n’est pas facile.

  • Alexandre Bibeau - Inscrit 8 avril 2021 10 h 23

    C'est très intéressant comme réflexion ! Bravo.

    La réalité n'est plus à la mémorisation mais à la capacité à chercher, valider et synthétiser l'information dans un fouillis incroyables. Après, forcément, ça dépend aussi de la matière et du sujet. J'aime bien qu'une opération médicale se fasse de mémoire par habitudes acquises et pas en fouillant wiki.

    Reste que l'évaluation devrait effectivement s'aligner sur ces nouveaux paradigmes de l'apprentissage.

    Je suis encore et toujours fasciné par la mémoire des grands parents mais cette mémoire fait place aujourd'hui à une mémoire collective dans laquelle il faut arriver à naviguer tous les jours, dans la vie et au travail.