Comment devenir immigrant dans son propre pays

Le Québec, exceptionnelle terre d’accueil, rend la chose tout à fait possible. À preuve l’article d’Isabelle Porter du 29 mars, racontant l’engouement candide de ces trois jeunes filles qui vivent déjà en anglais dans la capitale de la francophonie d’Amérique. La naïveté de leurs propos a eu raison du mouvement d’humeur qui s’était d’abord emparé de moi. L’anglais est un bon outil, tout le monde en convient. Mais qui ne range pas ses outils en rentrant chez lui ? Sauf les immigrants bien sûr ? Qui a oublié d’apprendre à ces jeunes filles qu’il existe des ouvrages scientifiques de grande valeur en français ? Faut-il rappeler que le français est l’une des grandes langues du monde, même si la chose est difficilement perceptible en Amérique ? Abandonner sa langue pour une autre en prétextant qu’elle n’est qu’un outil me paraît bien simplet.

14 commentaires
  • Yvon Montoya - Inscrit 6 avril 2021 06 h 28

    Notre langue s’epanouit au contact des autres langues.

    • Patrick Boulanger - Abonné 6 avril 2021 07 h 48

      De quelle façon? Au Québec, le français s'anglicise à tel point que l'on peut se questionner à savoir si certaines personnes s'expriment en anglais avec des mots français ou en français avec des mots anglais. Personnellement, je trouve ça inquiétant et laid. Mais bon... je présume que pour bien des gens c'est de l'évolution.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 6 avril 2021 08 h 33

      Mais encore faut-il que *notre* langue soit encore là dans 3 générations! Absolument d'accord au bilinguisme individuel.Personnellement, je suis trilingue.

      Dans le cadre "canadian", le bilinguisme institutionnel mène lentement, chez les francophones, à l'assimilation. Même au New Brunswick soi-disant bilingue.

      Or, M. Lafortune a raison de s'inquiéter en constatant le cas de ces 3 jeunes Québécoises francophones.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 6 avril 2021 12 h 42

      M. Montoya écrit:"Notre langue s’epanouit au contact des autres langues."

      Etes-vous d'accord avec l'agrandissement du Cégep Dawson qui siphonne les meilleurs étudiants francophones? Moi, non!

      Comment expliquer que le ministre Jolin-Barrette ait laissé passé la demande de Dawson?

      D'ailleurs les 3 étudiantes songent à poursuivre dans un Cégep anglophone.

  • Cyril Dionne - Abonné 6 avril 2021 06 h 54

    Le survenant (mes excuses à Germaine Guèvremont)

    Le bilinguisme en terre d’Amérique n’est que l’antichambre de l’assimilation en bonne et due forme. Dire le contraire, c’est se mentir. Pas beaucoup résistent aux sirènes de lord Durham à long terme.

    Tout cela pour dire, on peut étudier en anglais, mais lorsqu’on retourne à la maison, c’est en français que le tout se passe. L’anglais n’a rien de vraiment spécial, vraiment pas, à part du fait que c’est tellement facile de l’apprendre et qu’on l’attrape tout simplement. C’est le virus du siècle où tout résistance semble être futile.

    Bien oui, c’est la meilleure façon de devenir un étranger, un survenant dans son pays. Merci M. Lafortune pour votre lettre.

  • Patrick Boulanger - Abonné 6 avril 2021 07 h 30

    Moi aussi, cette nouvelle m'a fait mal. Peut--être vont-elles payer le prix de leur choix lorsqu'elles vont s'apercevoir que leur français écrit - et peut-être parlé? - n'est pas à la hauteur dans quelques années? Quoi qu'il en soit, j'ai peut-être une partie de la solution pour diminuer l'attrait de l'anglais dans la Belle Province : rendre la culture francophone plus accessible. Par exemple, pourquoi ne pas mettre en place une plate-forme comme Netflix où on a accès qu'à des films francophones à peu de frais? Je consomme beaucoup de films francophones et ça peut devenir dispendieux quand on doit débourser pour chacun d'eux sur la Toile. Je présume que plusieurs Québécois se tournent vers l'anglais pour consommer de la culture parce qu'il y a beaucoup de contenu gratuit dans cette langue sur la Toile.

  • Raynald Rouette - Abonné 6 avril 2021 07 h 44

    Tout s’achète!


    Vingt-cinq années de laisser-aller. Quel gâchis...

  • Pierre Grandchamp - Abonné 6 avril 2021 07 h 58

    Nous fabriquons nos propres bourreaux

    Le premier ministre canadien, un anglophone crée la Commission Laurendeau Dunton sur le bilinguisme et le BICULTURALISME, en 1963, dont le mandat est : «Recommander les mesures à prendre pour que le confédération canadienne se développe d’après le principe de l’égalité entre les 2 peuples fondateurs."

    Roméo Paquette, alors Francophone hors Québec, écrira :"Cet enjeu, c'est un gouvernement fédéral dominé par des Québecois (principalement Trudeau), au tournant des années '70, qui l'a définitivement enterré. Obnibulés par des préjugés anti- nationalistes, ils ont condamné la notion de peuples fondateurs, inventé le multiculturalisme et le bilinguisme, comme si un pays pouvait se morceler en enclaves culturelles et véhiculer 2 langues sans en préciser les bases communautaires." Si les Canadiens français de l’époque avaient eu seulement 20% de la détermination des Juifs, ce pays aurait été une CONfédérarion et non une simple fédération.

    Pire encore, en 1980, les Québécois éliront une très forte majorité de députés libéraux fédéraux avec Trudeau. Cela nous conduira à la constitution de 1982 orpheline du Québec.

    Puis, le référendum de 1995. Encore là, si les Québécois francophones s’étaient tenus debout et avaient eu seulement 20% de la détermination des Juifs, le drapeau du Québec flotterait à l’ONU.

    A moins d'un changement majeur de cap, le Québec se dirige vers une certaine Louisianisation.Et je doute fort que ce soit possible d'arrêter cela dans le cadre politique actuel. Il y a, chez nous, une certaine forme de résignation!

    • Pierre Grandchamp - Abonné 6 avril 2021 12 h 04

      La Commission sur le bilinguisme et le BICULTURALISME fut créée par le premier ministre Pearson.

      Or, ce sont des nôtres, des libéraux fédéraux québécois francophones qui enverront au panier le BICULTURALISME. Les mêmes qui nous imposeront l'illégitime constitution de 1982.

      L'attitude des 3 étudiantes est très logique dans le cadre *canadian*: Pierre Trudeau est en train de gagner! Les 3 filles pensent comme beaucoup de jeunes francophones hors Québec.

      C'est vrai pour la langue; comme c'est vrai pour la constitution. La constitution, c'est l'âme d'un pays; or, les fédéralistes québécois ont la même attitude que les 3 jeunes filles: "parlons d'autre chose!"