Pourquoi les gens n’ont-ils pas assez peur de la COVID-19 ?

Depuis un an maintenant, le monde entier fait face à un virus cruel, implacable, frappant et
tuant sans aucun sentiment.

Pourtant, et malgré les mesures mises en place par les gouvernements, une partie de la population ne croit pas au danger, manifeste contre le port du masque et se dresse contre ces atteintes à sa « liberté ». Une partie respecte les mesures sanitaires, mais en se permettant trop souvent de petits ou grands écarts, afin de préserver sa supposée santé mentale.

Et une petite partie respecte les mesures avec zèle, anxiété même.

Pourquoi ?

Notre cerveau (notre paléo-cortex) a été programmé il y a longtemps pour faire face à des dangers, préparant notre corps à fuir ou à combattre. Mais ces dangers ont toujours été perçus par un des cinq sens : la vue d’un animal sauvage qui peut s’atta-quer à nous, l’odeur de la fumée dans une maison pouvant indi-quer un début d’incendie, le goût d’une nourriture pourrie qui va nous amener à la recracher, le bruit des armes à feu, du tonnerre ou le toucher d’un reptile gluant pouvant être un serpent. Dans le temps des pandémies anciennes, comme la peste, la grippe espagnole, les malades étaient à la vue de tous. Les morts étaient transportés dans les rues et les maisons où il y avait de la contagion, marquées d’un X.

Or ce virus est du domaine de l’infiniment petit. On ne peut pas le sentir, le voir, le toucher, le humer ni l’entendre.

En plus, les malades atteints et en mourant ont été cachés dans les CHSLD loin du regard de tous, même de leurs proches, ou dans les zones rouges ou les soins intensifs des hôpitaux, où seuls quelques initiés peuvent se rendre habillés de scaphandres.

C’est donc un danger qui doit être intellectualisé, qui fait appel à notre néocortex.

Force est de constater que le paléocortex prend encore beaucoup de place chez les humains.

1 commentaire
  • Cyril Dionne - Abonné 6 avril 2021 13 h 44

    Si on ne voit pas de souffrance, pourquoi avoir peur?

    M. Poulin, vous avez perdu plus de 80% des Québécois avec vos notions de « paléocortex » ou de « néocortex ». Oui, pour la plupart des gens, s’ils ne peuvent pas « le sentir, le voir, le toucher, le humer ni l’entendre » le virus, eh bien, pour eux, il n’existe pas. C’est le même phénomène avec les radiations nucléaires (gamma); on ne peut pas les détecter avec nos sens et donc pour certains, elles n’existent pas. C’est de la magie vaudou tout simplement. Vous parlez aussi de l’infiniment petit, les virus, et personne ne peut les voir qu’avec un équipement très sophistiqué tout en sachant aussi, quoi regarder. Idem pour les masques mal ajustés et dont les pores du tissu sont tellement grands, 0,3 micromètre ou 300 nanomètres en moyenne pour les meilleurs alors que le virus en aérosol est de l’ordre de 100 nanomètres ou moins. Les meilleures mesures préventives sont la distanciation sociale et le lavage des mains fréquent tout en évitant des endroits intérieurs mal ventilés, voir la moitié des écoles québécoises, les autobus et le métro. Encore mieux comme méthode de prévention, être vacciné.

    Enfin, pour la plupart des gens, ils ne connaissent personne qui est en malade ou même pire, en a décédé de ce virus. Ce sont les 70 ans et plus qui en sont morts à 92% et personne ne le visitait dans leur CHSLD ou bien dans les maisons pour aînés. Si on ajoute la tranche de 60 ans, nous en sommes rendus à 97,5%. Pour l’autre 2,5%, la plupart avaient des comorbidités et donc leur système immunitaire était déjà très faible.

    Alors si la plupart des gens ne voient pas personne souffrir dans leur entourage immédiat, à qui le virus peut-il faire peur? C’est comme le vieux adage qui dit que si un arbre tombe dans la forêt et personne n’est là pour entendre, est-ce qu’il fait un bruit? Nous partageons presque le même génome avec le chat-lapin (l'abyssin) à 90%. Vous en demandez trop aux gens.