Notre «marche à l’amour»

Notre langue française est essentielle à notre survie. Avons-nous perdu la flamme des grands débuts ?

Où est passée notre combativité, la pugnacité des premiers colons, des Iberville et des Père Marquette, des Frontenac et des Marie de l’Incarnation, des Menaud et des Jean-le-Maigre et des Bérénice ?

Nous avons bâti un pays, en nous il y avait une grande force, « l’hiver de force » comme le dirait Ducharme. Dans chaque fibre de nos nerfs, de nos veines, il y avait une volonté de vivre, dans notre « marche à l’amour » comme l’écrivait Miron.

Nous étions capables d’enthousiasme, capables de ferveur, jusque dans la religion, jusque dans la poésie.

Nous n’étions pas des idéalistes émotifs ni des pelleteurs de vent, nous avions de la suite dans les idées.

Durs à la tâche, d’une vie frugale et courageuse comme celle des coureurs des bois, nous avions un amour immodéré de la vie.

Pleins de tact et de ruse dans l’adaptation au dur pays, habiles à contourner les obstacles, fins négociateurs, politiciens-nés, combattants-nés, nous savions que nous avions une place indispensable et essentielle en Amérique.

Qui défendra notre langue si nous ne la défendons pas nous-mêmes ? Avons-nous perdu à ce point le goût de vivre ?

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