Coup raté pour Trans Mountain

L’investissement dans la construction du pipeline Trans Mountain n’apporte aucun bénéfice visible (« Trans Mountain risque de faire perdre 12 milliards au Canada, selon une étude », Le Devoir, 1er avril 2021) et on comprend mal ce qui motive le gouvernement Trudeau à y investir des fonds.

Une récente étude (mars 2021) produite par une équipe de l’Université Simon Fraser en Colombie-Britannique nous apprend que le projet Trans Mountain générera 12 milliards de dollars de pertes selon le scénario le plus réaliste. Selon cette même étude, le scénario le plus optimiste engendrerait des pertes de 3,2 milliards. Dans tous les cas, ce projet n’apportera aucun bénéfice économique.

Cette décision est aussi critiquable sur le plan de l’environnement. Émettant des GES lors de sa combustion, le pétrole n’est certainement pas une chose à encourager et encore moins dans laquelle investir dans une situation d’urgence climatique comme celle que nous vivons en ce moment. Je trouve que le gouvernement Trudeau renvoie une image inquiétante quant à ses intentions. Investir dans le transport électrique, l’éolien ou le solaire serait moralement plus acceptable.

Cet investissement tend à être un échec. Il est pertinent de se demander s’il n’est pas poussé par des groupes de pression tels que les différentes compagnies pétrolières.

3 commentaires
  • Raynald Blais - Abonné 3 avril 2021 05 h 51

    LIMPIDITÉ D’UN PÉTROLE LOURD

    En supposant que l’État canadien a le devoir de rentabiliser ses investissements, il est difficile de comprendre son obsession dans la construction du pipeline Trans Mountain. Tout au plus, pouvons-nous présumer qu’il est poussé par des groupes de pression proches des compagnies pétrolières. Elles en tireront d’immenses bénéfices lorsque l’État leur cédera directement ou par compagnie interposée la propriété ou l’usufruit du pipeline en absorbant une partie des investissements pour le rendre rentable.

    Par contre, en supposant que l’État canadien a le devoir de soutenir le taux de profit moyen au Canada, même si cela doit alourdir momentanément la dette nationale et plonger les Canadiens dans une ère de compression des services qui leur sont offerts, ce qui était opaque devient limpide.

  • Guy Coderre - Abonné 3 avril 2021 09 h 45

    Un grave manque de courage politique

    L'achat et l'agrandissemement du pipeline par le gouvernement Trudeau est en total contradiction avec son désir de lutter contre le changement climatique. J'approuve sa taxe carbone mais je suis contre Transmountain et les subventions aux pétrolières. J'aimeraIs bien donner mon appui au libéraux mais pour être cohérent mon seul choix sera de voter pour les verts au prochaine élection.

  • Daniel Gagnon - Abonné 3 avril 2021 12 h 11

    Une loyauté indécente...

    Toutes les études, dont cette dernière de l'Université Simon Fraser, sont unanimes : Trans Mountain n'est pas rentable économiquement, C'est une perte d'argent sèche pour les contribuables canadiens. Même les banques et les compagnies d'assurance l'abandonnent. Le gouvernement Trudeau ferait d'une pierre deux bons coups en mettant fin à ce projet. D'une part, il nous aiderait à respecter nos objectifs en réduction des gaz à effet de serre. D'autre part, il remettrait de l'argent dans les coffres de l'État et réduirait le déficit. Le moment d'agir, c'est maintenant, en vue du prochain budget du 19 avril. Cette loyauté indécente envers les compagnies pétrolières polluantes de l’Ouest est en train de lui coûter ses prochaines élections.