Les anglicismes

Ça a commencé par McDonald’s et cette publicité où un ado annonçait qu’il regarderait la game après son shift. Puis, Coca-cola Zéro qui se présente comme étant « zéro flat ». Deux multinationales qui ont compris que leurs jeunes clients, au Québec, utilisaient des anglicismes et donc qu’elles devaient faire de même, car le but, c’est de vendre à tout prix, et ce, en dépit de la menace que ça peut faire peser sur notre langue française de plus en plus fragilisée. Cette semaine, c’est Canal Vie qui nous propose sa nouvelle émission Le grand move, produite par un autre géant, Bell Média, et financée par les fonds publics grâce aux crédits d’impôt, incapable de se trouver un titre sans avoir recours à un anglicisme !

Danger, ici. Veut-on ressembler à la France, où l’utilisation généralisée des mots anglais pour faire « cool » cache mal la résignation des Français devant l’idée que leur langue est devenue trop ringarde et morne pour exprimer quoi que ce soit dans l’espace public ?

 
28 commentaires
  • Patrick Boulanger - Abonné 23 mars 2021 00 h 13

    Il ne faut pas se gêner pour leur exprimer notre désaccord, même si ce sont de grandes compagnies. Google a déjà changé un mot englais pour un mot français après que je leur ai fait la remarque.

  • Marie Nobert - Abonnée 23 mars 2021 01 h 13

    Au texte et au titre: «Le grand move»...!? ?! (!)

    «Le grand "mouve"» serait acceptable en français. Les «titreurs»... Bref. Demain, je vais assister à un «breffage», lequel, invariablement, sera suivi d'un «débreffage». Ça c'est du beau et bon français. C'est clair net et précis. «Breffage» c'est français n'en déplaise à... Misère.

    JHS Baril

    Ps. Mon «Ps.» est très français. Y-a-t'il un problème?

    • Cyril Dionne - Abonné 23 mars 2021 09 h 23

      P.-S. ou post-scriptum M. Baril est une locution latine. En anglais, on dit « postscript ». Laissez-moi vous conter l’histoire très courte des Franco-Ontariens dans le plus meilleur pays du monde, « the country of Canada », a mari usque ad mare.

      Les Franco-Ontariens ont commencé à parler avec des anglicismes au temps du règlement 17. Ensuite, ils ont poursuivi avec des conversations courantes en anglais pour être « cool » avec leurs concitoyens anglo-saxons qui ne parlaient pas un traite mot de français. Après, ils se sont dits, pourquoi parler français à la maison parce que tout est en anglais partout et si on veut s’avancer socio-économiquement, on doit parler la langue de Shakespeare en tout temps et bonjour assimilation. Maintenant, on retrouve des noms de famille comme Tremblay, Dupuis, Desjardins et j’en passe dans les écoles 100% anglophones en Ontario. Curieusement, on retrouve des noms comme Johnson, Brown, Davies dans les écoles françaises qui sont devenues des écoles d’immersion française à temps plein, mariage exogame oblige, pour finir d’assimiler ce qui reste de francophone en Ontario.

      Maintenant, on doit fermer l’Université Laurentienne faute d’étudiant, la nouvelle université française de Toronto à moins de 50 étudiants inscrits et la plupart sont des immigrants ou des étrangers, et enfin, l’Université d’Ottawa compte seulement une population française de 30% aujourd’hui et dont la grande majorité sont des Québécois tout comme pour les professeurs évidemment.

      Tout cela pour dire que l’îlot québécois est plus que menacé dans cette mer anglo-américaine. Ce n’est qu’une question de temps avant l’assimilation complète si le Québec ne prend pas possession de tous ses moyens politiques, juridiques, législatifs, économiques, culturels, linguistiques et j’en passe pour parer à cette invasion. Entre-temps, on se laisse vomir dessus par un certain Amir Attaran, professeur à l’Université d’Ottawa, le digne successeur « racisé » de Don Cherry.

  • Serge Trudel - Inscrit 23 mars 2021 01 h 55

    Après nous, the deluge

    En effet, comme le fait très bien remarquer M. Bernard, cette utilisation directe de mots anglais dans la langue française aussi bien écrite que parlée est un symptôme navrant, mais certain du déclin du français dans l'ensemble de la francophonie mondiale.

    C'est particulièrement manifeste quand on entend parler, par exemple, les rares joueurs francophones des Canadiens de Montréal lors de leurs entrevues d'après-match. Jonathan Drouin, « Joe » pour les intimes, en est une illustration aussi patente que parfaite : « On a couru après la puck toute la game, puis on a fait beaucoup trop de turnovers surtout vers la fin de nos shifts. C’est vraiment hard de faire un come-back dans ce temps-là. Il va falloir faire plus de forechecks la prochaine fois. »

    René Lecavalier, ce grand chevalier de la bonne diction du français, doit spinner big time dans sa tombe... oups, je voulais dire : « (...) doit se retourner vivement dans sa tombe. »

    Et ne vous avisez surtout pas de tenter de faire comprendre aux jeunes Québécois francophones l’importance de bien parler leur langue natale, car ils vous répondront aussitôt avec morgue et mépris : « Ouate te phoque?!?!? Okay, boomer... »

    Si le latin, langue d’usage du plus grand empire que la Terre ait connu, est devenu une langue morte avec l’écoulement des siècles, parions que l’un de ses descendants, le français, n’est certainement pas un candidat valide à la survie éternelle. ‘Nuff said.

  • Gilbert Troutet - Abonné 23 mars 2021 03 h 13

    Notre langue a fourché

    Vous avez raison de vous indigner, Monsieur Bernard. On singe maintenant les Français : ça fait cool de placer un mot d'anglais dans la conversation. Déjà, on avait nos anglicismes, qui sont presque passés dans la langue. Je dis « prendre une marche » plutôt que marcher, «caméra digitale », « performance et coût d’admission »... « Plus souvent qu’autrement, c’est un show sur le stage », « j’applique pour une position, j’iinitie un projet, ou bien je le cancelle ». « À date », je parle français.

    • Joane Hurens - Abonné 23 mars 2021 12 h 09

      J’avoue être consternée par trop d’invités - de l’intelligentsia montréalaise - à la radio de Radio-Canada qui parsèment leur discours d’anglicismes non sans nous avoir infligé des bégaiements pseudo intellectuels pour finalement accoucher de conclusions vides.

      Heureusement, il reste quelques émissions intelligentes mais les animateurs jovialistes sont insupportables. Dommage pour une radio d’état. Pour nous aussi.

  • Pierre Boucher - Inscrit 23 mars 2021 05 h 22

    Pire

    Traducteur de formation et de profession, j'ai appris à deceler l'intrus.
    L'article signale des mots facilement décelables.
    Il y a pire, plus sournois.
    Parler anglais avec des mots français. Et pas seulement chez la populace.
    Exemples : Bon matin, une horreur (good morning). Significatif (significant, sens d'important). Faire une différence (to make a difference).
    L'emprunt lexical est justifié en l'absence d'un équivalent. Mais pas au détriment d'un équivalent idiomatique.

    • Pierre Rousseau - Abonné 23 mars 2021 08 h 53

      Effectivement, on appelle ça du traduidu... (Gaston Miron)

    • Patrick Boulanger - Abonné 23 mars 2021 23 h 17

      Merci M. Boucher! Vous m'avez appris un nouveau mot aujourd'hui : intrus. Je vais porter attention à cela.