La COVID-19, plutôt révélatrice d’un âgisme structurel

L’article de Bernard Roy dans Le Devoir du 15 mars est pertinent et percutant, mais je m’étonne de son titre : La COVID-19 révélatrice d’un Québec en déficit de soins. Depuis vingt-cinq ans, des intervenants et des syndicats du secteur public dénoncent le sort réservé aux aînés du Québec, sacrifiés sur l’autel, d’abord du déficit zéro, et, ensuite, de l’austérité. Il demeure cependant que la pandémie permettra, du moins espérons-le, de mettre en lumière un phénomène appelé l’âgisme. Et il s’agit bien ici d’un âgisme structurel et systémique qui se déploie insidieusement au travers des politiques néolibérales favorisant le commerce de la vieillesse. Dans un système basé sur le productivisme, les aînés ont un statut pourvu que leur futur s’inscrive dans la sphère marchande.

Le principal danger qui nous guette sera de faire fi des propositions de nombreux experts en la matière qui réclament non seulement de modifier la gestion déficiente des CHSLD privés, mais également de toutes les politiques concernant les personnes âgées, et ce, à partir des soins à domicile. Les gouvernements successifs ont mis de côté la mise sur pied d’une véritable politique d’aide et de soins à domicile, forçant par le fait même de nombreux aînés à vivre enfermés dans des établissements dont une majorité appartient à l’entreprise privée. Bernard Roy a raison, le secteur de la santé est devenu un business très rentable, une véritable mine d’or pour les investisseurs.

Note de la rédaction

Le Devoir tente aujourd'hui une nouvelle expérience. Plutôt que d'ouvrir plusieurs textes aux commentaires des lecteurs, nous vous proposons une question à débattre pendant la journée, en lien avec l'actualité. Ce format nous permettra notamment de prendre le pouls de notre lectorat et de nous inspirer de votre participation pour développer des sujets et de répondre à vos questions. Nous regarderons de près les résultats de cette expérience pour voir comment la faire évoluer.

 

La question d'aujourd'hui: devrait-on obliger les professionnels de la santé à se faire vacciner contre la COVID-19?