Violence faite aux femmes

« Les gars, la violence faite aux femmes, ça s’arrête là. »

Voici comment une publicité du gouvernement du Québec se termine, après avoir décrit une scène de violence entre deux comédiens, dont l’un représentait une femme.

Malgré les bonnes intentions et la qualité de la réalisation, je me questionne toutefois sur la pertinence de ce message de la fin. Exprimé avec le même type de voix et de ton qu’une publicité de camion pick-up, on dirait que ce message s’adresse à un boys' club dont la moyenne d’âge se situerait autour de 14 ans. Sur la planète où je vis, la violence a pour origine des choses si profondes au niveau civilisationnel que ce ne sera pas avec une injonction du genre : « Hé, les boys, ça va faire, on arrête ça OK ? » que l’on va faire cesser ce profond « malaise dans notre civilisation ».

Si les femmes sont violentées, c’est parce que la violence est distillée dans les veines de l’histoire des hommes depuis tellement longtemps qu’elle en est devenue, comme le dirait la philosophe Hannah Arendt, un mal banalisé. Un mal banalisé et laissé en héritage aux enfants, dans un quotidien souvent devenu toxique, par les relations de pouvoir, la domination, les ego malmenés, les déceptions narcissiques qui, dans une société ivre de performance et de possessions, s’exprimeront en frappant les plus proches et les plus vulnérables. Cette violence concerne bien sûr l’Autre en général et, si on veut aller plus loin dans un diagnostic, elle s’étend aussi aux animaux et aux écosystèmes, enfin tout ce qui peut être dominé et possédé par l’homme, surtout lui, puisque nous pouvons ici définir un comportement statistiquement bien « genré » sans générer trop de passions.

En tant qu’homme, hétérosexuel, blanc et poilu, je dirais plutôt : libérons-nous de cette ignorance qui nous rend avides de ce pouvoir toxique que l’on exerce au détriment des autres et de ce désir de dominance sur tout ce qui nous entoure. Mais plutôt, contemplons ces femmes (et l’autre que soi), qui sont avec nous en ce monde encore habité de merveilles, pour les voir vraiment et les aimer enfin, mais surtout pour qu’elles continuent à nous aimer comme les alliés égaux et bienveillants que nous devrions être. Sinon, même avec tout le pouvoir du monde, nous serions alors de grands perdants.

 

À voir en vidéo