La liberté du discours

Le discours est à la base de la vie universitaire comme l’eau est à la base de la vie elle-même : il est fondamental, intrinsèque, ancré. […]

Il est impossible de figer dans le temps, ou encore de codifier universellement, les balises de la liberté que peut prendre le discours. Celui-ci doit s’adapter, se mouler, se corriger, afin de permettre à l’aspect le plus fondamental d’émerger et de persister : la capacité d’échange et d’interaction.

La plus grande évolution que j’ai pu constater au cours de mes 30 dernières années comme étudiant, puis comme professeur à l’université, c’est à quel point l’accès aux connaissances s’est accru exponentiellement. Il y a eu bien sûr une évolution technologique, mais avant tout une soif collective d’interagir et de mettre en commun d’énormes sources d’information, si bien que le discours est devenu presque entièrement bidirectionnel. Le professeur est souvent perçu davantage comme un outil d’interaction que comme une source de savoir ou de vérité. On ne doit donc pas se surprendre que les étudiants souhaitent autant manifester leur intérêt à s’impliquer dans la façon dont le discours s’établit.

Dans leurs exigences face au contrôle du discours, les étudiants peuvent avoir des craintes sociales ou personnelles très légitimes et nouvelles auxquelles le professeur n’a pas été déjà sensibilisé. Dans ce contexte, on doit selon moi prioriser le maintien du dialogue, quitte à aborder certains sujets différemment. C’est le dialogue qui permet de diminuer les tensions. Lorsque le dialogue cesse, il n’y a plus d’apprentissage, même si l’on protège la liberté du discours.

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