Les forestières à la recherche du profit maximum

La prise de conscience collective grâce à l’Erreur boréale de l’auteur-compositeur-interprète Richard Desjardins ; la commission Coulombe qui en découla ; le forestier en chef nommé grâce à un nouveau régime pour contrôler les approvisionnements en bois des compagnies forestières ; en même temps que pour leur faire comprendre qu’elles ne sont pas propriétaires du parterre forestier ; la mise sur pied d’aires forestières protégées : tout cela a représenté un chapelet de mesures à vision finlandaise pour sauver la ressource lignaire, depuis 2013. Le gouvernement du Québec vient d’y mettre la hache.

L’industrie forestière et ses actionnaires ont travaillé très fort par larbins et lobbies interposés pour reprendre leurs prérogatives sur le parterre forestier perdu à cause de l’impact fort dans l’opinion publique de l’Erreur boréale et des pressions de Greenpeace et consorts pour dompter les faiseux de fric.

Mais la toute-puissante industrie forestière n’avait pas dit son dernier mot et n’a jamais baissé les bras. […] Le forestier en chef mandaté par l’État pour protéger la ressource en supervisant les droits de coupe en forêt ne leur concédait jamais assez de mètres cubes de bois à couper. Sans compter le discours de peur à l’intention des communautés vivant de la forêt qui a eu l’heur de faire petit à petit son chemin dans les esprits. Opposer emplois et environnement, ça pogne à tous les coups.

Les compagnies forestières, au détriment des autres utilisateurs de la forêt publique, voulaient regagner leur droit de cuissage sur la ressource collective au nom du profit maximum. Contre mes propres attentes, elles ont réussi. Un gouvernement néolibéral assujetti au grand capital a grandement facilité l’exercice.

La gestion du mesurage du bois et la construction d’un épouvantable labyrinthe de chemins forestiers avec la réforme Coulombe mériteraient, à elles seules, une attention particulière et indépendante de toutes influences économico-politiques.

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