Je suis jalouse !

Une somme de 10,6 millions de dollars de financement public à Énergir pour l’équivalent d’un retrait de 75 véhicules des routes (Le Devoir du 3 mars, en page couverture). C’est Énergir qui nous le dit fièrement : « On estime une réduction d’environ 300 tonnes de gaz à effet de serre par année pour les entreprises actuelles du secteur, l’équivalent de retirer complètement 75 véhicules sur la route annuellement. » Ça revient à 141 333 $ par automobile retirée. WOW ! Je ne savais pas qu’on était aussi riches ! À moins que ce ne soit la « nouvelle » économie postpandémie ?

Je suis vraiment jalouse, car lorsque j’ai abandonné mon automobile pour diminuer mon empreinte carbone (c’est quand même de deux à trois tonnes de GES en moins par année), je n’ai reçu aucune récompense de mon gouvernement. Au contraire, je devais continuer à payer pour les routes à construire, à entretenir et les coûts de santé qui y sont liés, et on sait que ce sont des dizaines de milliards de dollars par année. Au moins, si je pouvais déduire tout ça de mes impôts (oui, je paie des impôts !) […].

Le comble aura été le projet de troisième lien à Québec. Non, mais je ne peux pas croire que je vais encore payer pour un projet loin d’être nécessaire et qui va entraîner encore plus de voitures sur les routes et dans la ville. Que ces autos soient électriques ou non, cela ne fera pas de différence sur la violence quotidienne que doivent subir les piétons et les cyclistes […].

Pour revenir à Énergir, qui nous gobe pas mal de sous, j’ai comme l’intuition que de donner des « bonus » à ceux qui délaisseraient leur voiture, tout en assurant un service de transport collectif digne de ce nom (en détournant l’argent vers les vraies solutions, peut-être ?) aurait un effet plus grand que le développement d’une filière gazière contre-productive.

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