Les dents du Mile End, la suite

Le Devoir (4 mars 2021) nous apprend que M. Danny Lavy, grand propriétaire immobilier (Shiller Lavy), s’octroie un certificat de bonnes mœurs : il n’est pas méchant et la hausse de loyer dont il gratifie M. Welch, libraire de la rue Saint-Viateur (passant de 2000 $ à 5000 $/mois), est raisonnable ; après tout, les autres paient ça, pourquoi pas lui ?

Mais voyons donc, Danny, as-tu besoin de manger huit repas par jour ? Venant à sa rescousse, le président de la Chambre de commerce de Montréal veut nous rassurer : les loyers commerciaux à Montréal sont plus bas qu’ailleurs en Amérique du Nord (et qu’au Japon aussi, probablement) ; c’est normal de faire du rattrapage ! Mais pourquoi donc ? Si vous faites vos frais et que vous obtenez un profit raisonnable sur votre capital, quel diable vous pousse à en ramasser encore plus ?

C’est bien beau de maximiser les profits, mais il devrait tout de même y avoir des limites, surtout quand certains s’amusent à jouer au Monopoly. C’est sûr que M. Welch, au lieu de vendre des livres usagés, pourrait faire plus d’argent (et devenir facilement capable de payer 5000 $/mois ou plus) en changeant de business, par exemple, en se lançant dans la pornographie ou en vendant de la cocaïne, mais les citoyens du quartier, ni personne d’ailleurs, n’y gagneraient pas au change (à moins qu’ils soient tous une bande de pervers illettrés).

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