Dans la vie comme sur le Web

Je suis profondément touché par le sort réservé à Dany Turcotte et, à travers lui, par le sort indigne réservé aux vieux, aux handicapés, aux personnes marginalisées, différentes, sans voix. Pourquoi tant de méchanceté et d’acharnement, sur le Web comme dans la vie ? Dany Turcotte et toutes les personnalités publiques ne sont que la pointe du colossal iceberg que constituent les « victimes » de matamores insensibles et discourtois qui bavent leur mépris. Se donnant ainsi le pouvoir des lâches et des abuseurs. Ce phénomène existe non seulement dans les médias sociaux, sous le couvert de l’anonymat, mais aussi dans la vie de tous les jours. Les agressions verbales, les remarques désobligeantes, les regards insolents, malveillants, moqueurs, le manque d’empathie, de civisme, l’intimidation, les abus, quelle personne quelque peu différente n’en a pas été la victime silencieuse ? Il est des mots jugés obsolètes qui ne font plus partie ni du vocabulaire ni du comportement citoyen, et qui auraient pourtant bien besoin d’être réhabilités dès le sein maternel : empathie, courtoisie, civisme, savoir-vivre, bienséance, respect, grandeur d’âme. Dany Turcotte, comme tant d’autres, connus et inconnus, a été victime « des mots qui tuent ».

4 commentaires
  • Daphnee Geoffrion - Inscrite 4 mars 2021 08 h 33

    Nos artistes se doivent de défier les nouvelles normes pour que les échanges restent riches et authentiques..leur réaction peuvent encourager ou tuer ce mouvement de censure, d'ailleur depuis que Lepage c'est excusé et effacé ( pauvre homme), le mouvement à prit de l'ampleur..ils se nourrissent d'excuses non mérités...

    C'est une victoire des wokes chaque fois qu'ils mettent à genoux un artiste ou un enseignant, pour une fois j'aimerais bien entendre Mike Ward leur répondre...

    • Christian Roy - Abonné 4 mars 2021 13 h 03

      @ Mme Geoffrion,

      Nous n'avons probablement pas la même conception des "wokes", comme vous les appelez. Leurs véritables propos me semblent avoir plutôt pour intention de ramener à l'ordre du jour les questions d""empathie, courtoisie, civisme, savoir-vivre, bienséance, respect, grandeur d’âme." relevées par M. Bisaillon. Les moyens qu'ils utilisent sont souvent dérangeants et déstabilisants, j'en conviens, mais ils ne faudrait pas faire erreur sur la personne.

      Les "wokes" exercent un droit fondamental: celui de la liberté d'expression en vue d'améliorer la société. Ils sortent des sentiers conventionnels - ce qui peut créer malaise. Leur place est appréciable dans la mesure où ils respectent les codes civil et criminel aux quels nous sommes tous subordonnés. Je ne vois pas la pertinence d'en faire des ennemis ou, peut-être, les boucs émissaires de la difficulté inhérente de vivre en société.

      M. Bisailllon dénonce le comportement "de matamores insensibles et discourtois qui bavent leur mépris. Se donnant ainsi le pouvoir des lâches et des abuseurs." - ce que ne font pas les "wokes". Il ne faut pas tout mélanger, bien que la tentation soit grande, je sais.

  • Nadia Alexan - Abonnée 4 mars 2021 11 h 01

    Une loi contre la calomnie au seine des réseaux sociaux s'impose.

    C'est simple. Avec un cours de civisme et de citoyenneté, au lieu de ce cours bidon d' éthique et culture religieuse, les étudiants pourront comprendre que les mots tuent, qu'il faut avoir du respect pour autrui en écrivant dans les réseaux sociaux.
    Il faudrait aussi interdire la calomnie et la diffamation par une loi contraignante contre les personnes qui s'engagent au dénigrement comme un passe-temps.

  • Marc Therrien - Abonné 4 mars 2021 18 h 46

    Les mains tuent davantage que les mots


    Je ne sais pas s’il est tant vrai que « les mots tuent ». Si avec Freud on pensait que « le premier homme à jeter une insulte plutôt qu’une pierre est le fondateur de la civilisation », je ne suis pas convaincu que de se parler avec le plus de mots doux possible contribuera à la construction d’un monde meilleur. En tout cas, il semble bien révolu pour plusieurs ce temps où, depuis la dialectique éristique de Schopenhauer, il était permis d’utiliser l’attaque ad personam comme dernier recours (et je souhaite ajouter seul recours ultime) quand on sentait qu’on n’avait pas le dessus sur son adversaire. Dans cette lutte des consciences à mort pour la reconnaissance (Hegel), que de sang en moins serait versé si on était capable de ne faire la guerre qu’avec les mots.

    Marc Therrien