L’attrait de l’interdit

Le Devoir de mercredi matin nous informe sur le concept anglo-saxon de « culture de la sécurité émotionnelle » justifiant la censure qui s’exerce dans les établissements d’enseignement supérieur. Qui sait si cet Index nouveau genre ne provoquera pas chez les Québécois d’aujourd’hui, comme chez les Canadiens français d’avant la Révolution tranquille, un engouement pour les œuvres interdites de lecture ? Qu’y a-t-il donc dans le livre de Pierre Vallières qu’une nouvelle déclinaison de l’Œuvre des bons livres nous empêche de fréquenter ?

Depuis trente ans, je répète à des étudiants souvent distraits qu’ils sont chanceux de pouvoir lire Candide, un condensé de la pensée des Lumières qui a façonné notre monde. Leur retirer cette chance en raison de ce qui se passe au Surinam avivera peut-être la curiosité de quelques-uns. Je me réjouis à l’idée de revoir circuler sous le manteau le livre de Voltaire. Vive l’Index !

Pour contrer ne serait-ce que symboliquement (car il y a toujours Internet) cette force d’attraction de l’interdit, je n’imagine pas d’autre solution que de brûler les livres sur la place publique. Là encore, ça s’est déjà vu, vous savez. Rien de bien nouveau sous le soleil.

À voir en vidéo