Un peu criminel, ne pas se faire vacciner?

À l’heure où arrive la vaccination massive contre la COVID-19, est-ce que cette question se pose sans que la personne qui la pose soit blâmée de la poser, soit accusée de manquer de discrétion ou alors de vouloir emprunter au fascisme ? Où s’arrête (et commence) la liberté individuelle, la responsabilité de chacun et de chacune de se considérer comme faisant partie d’abord d’une collectivité et, conséquemment, de se soumettre aux règles du vivre en société ? Nous ne voudrions sans doute pas nous lancer dans « une chasse aux sorcières » ; nous souhaitons tous préserver une certaine paix sociale, mais nous ne pouvons manquer d’inciter tout le monde à répondre à l’invitation des autorités de la Santé publique.

En tout cas, nous avons tous raison d’estimer que le passeport vaccinal qu’on songe à implanter soulève des questions éthiques dont il faudra débattre.

 
2 commentaires
  • Jean-Pierre Martel - Abonné 2 mars 2021 09 h 53

    Oui à la vaccination basée sur le science. Non à la vaccination broche-à-foin du Québec.

    La décision des autorités sanitaires du Québec de retarder de trois mois l'administration de la deuxième dose des vaccins de Pfizer/BioNTech et de Moderna ne repose sur aucune base scientifique.

    Cela est justifié dans le cas du vaccin d'AstraZeneca puisque ce protocole de vaccination, dans ce cas-là, repose sur une étude effectuée sur dix-sept-mille participants.

    Au delà du titre ambigu de certaines nouvelles, toutes les études au sujet de l'efficacité d'une seule dose des vaccins de Pfizer concernent en réalité la réponse immunitaire après trois ou quatre semaines (et non trois mois).

    Aux États-Unis, le Dr Fauci et 58% des abonnés du New England Journal of Medicine s'opposent pour l'instant à ce qu'on allonge à six semaines le délai entre les deux doses du vaccin de Pfizer. Imaginez leur opposition à un retard de douze semaines…

    Bref, je suis un farouche partisan des vaccins et je veux me faire vacciner. Mais il est hors de question de me soumettre un protocole de vaccination décidé arbitrairement par les incompétents qui sont responsables du fiasco de la lutte sanitaire au Québec.

  • Patrick Dolmaire - Abonné 2 mars 2021 12 h 22

    De quel crime parle-t-on?

    La vaccination n'empêchera pas d'être porteur et contagieux. Ainsi les tenants éventuels d'un hypothétique passeport vaccinal pourront à loisirs voyager et contaminer «légalement» les populations de pays moins bien nantis et pourtant prisés (ou piégés) par le tourisme. Où est le crime? Le même crime pourrait-il être différent selon qu'il se produit au pays ou à l'étranger? Se pourrait-il que les autorités donnent leur bénédiction à de telles inepties à s'en rendre complices?

    Ayant travaillé sur la plupart des continents, mon carnet vaccinal contient probablement autant de vaccins que le major-général Dany Fortin responsable de l"opération fédérale de distribution des vaccins a de médailles sur la poitrine. Les vaccins sont de bons outils lorsqu'ils sont corrects. L'histoire nous a prouvé qu'ils ne le sont pas toujours. «Le doute est le commencement de la sagesse» (Aristote).

    Mais cette fois c'est particulier, la campagne de promotion des vaccins menée par des responsables politiques qui ne savent pas tout en essayant de laisser croire le contraire, qui changent les posologies selon le sens du vent, qui sont responsables d'un des pires bilans de gestion de la pandémie au monde avec 10 300 morts et qui n'assument pas leur responsabilité en essayant d'en faire porter le fardeau à la population, soulève une hésitation et une interrogation légitimes qui nuisent probablement à un des outils dont finalement on ne connait pas, à ce jour, grand chose. On a le droit d'être méfiant face à quelqu'un qui ne sait pas, on a le devoir de l'être face à celui qui enchaine les erreurs et les mauvaises décisions d'autant plus sans les assumer. «La méfiance est mère de la sûreté» (Jean de la Fontaine)