Les requins du Mile End

Un libraire du Mile End, S. W. Welch (Le Devoir, 27 février 2021), devra bientôt fermer boutique, assommé par des hausses de loyer abusives d’une société immobilière dont le slogan est « L’immobilier repensé » (!). Cette entreprise, sans doute pas plus méchante que ses semblables dans le Mile End et ailleurs, a toute la liberté, l’impunité et le pouvoir de saccager des écosystèmes commerciaux qui définissent la personnalité et la qualité de vie d’un quartier. Est-ce vraiment le genre de ville dans laquelle nous voulons ou devons vivre ? Dieu merci, le secteur locatif résidentiel est soumis à un cadre qui ne laisse pas complètement libre cours aux comportements sélachimorphes qu’on observe dans le commercial. Mais force est de constater qu’à Montréal, la spéculation avance à bon train sur le chemin qu’ont pris depuis longtemps Toronto et Vancouver, de telle sorte que l’accès à la propriété sur l’île est de plus en plus difficile pour les jeunes familles. Pendant ce temps, de vieux croûtons, propriétaires depuis pas si longtemps, sans rien faire d’utile pour quiconque, engrangent, année après année, des enrichissements faramineux. Le marché ne marche donc pas si bien que ça. Si on s’y mettait, il serait peut-être possible de faire mieux.

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