Le roman-feuilleton du transport dans la région de Québec

La ville de Québec n’en peut plus de cette saga des transports. Les projets sont sur la table depuis longtemps et le « tirage de couverte » se poursuit de plus belle. D’un côté du fleuve comme de l’autre, on s’arrache les morceaux, les initiatives et le financement. Chacun dans sa cour alors qu’il s’agit en grande partie de faciliter le transport d’une rive à l’autre.

Du côté de Québec, il s’agit prioritairement de faciliter l’entrée et la sortie du centre-ville aux heures de pointe. Et pourtant le projet poussé à tours de bras et de pieds par le maire nécessite un déboisement général des artères principales et un chantier dévastateur dans le cœur de la ville. La majorité des citoyens craint ce gâchis et s’y oppose. Mais notre maire n’en est pas à ses premières bévues, après un nouveau marché central désert et un amphithéâtre éléphant déficitaire. La technologie du tramway implique une destruction importante du tissu urbain et Québec a liquidé ses rails depuis longtemps.

S’annonce aussi ce projet faramineux de traversée du fleuve, mais sous terre et eau. Les mordus du transport solo en véhicules énergivores ont hâte de se précipiter dans ce tunnel qui ne fera qu’ajouter à la densité de la circulation dans la région. Si la tendance se maintient, ce troisième lien, mais surtout promesse électorale, devrait déboucher un jour.

Jusqu’à maintenant, personne n’a voulu aller du côté du transport rapide, par train ou monorail, vers les banlieues et la rive sud. On ne parle pas de maximiser le transport en commun dans la ville en ajoutant d’autres voies réservées, en multipliant les véhicules performants et le nombre de passages, en repensant l’utilisation des deux ponts existants. On n’envisage surtout pas de réserver l’éventuel nouveau lien entre les deux rives au transport en commun. Ici les « chars » ont priorité.

Dans ce débat qui s’éternise, l’État et son ministère des Transports n’ont jamais jusqu’à maintenant envisagé une solution globale pour améliorer les déplacements dans la région. Les villes seules ne peuvent décider de ce qui concerne et la rive sud et la rive nord. C’est évident, les calculs politiques et les visions irréalistes ne mènent à rien. Nous avons hâte de sortir de ce bourbier. À quand un plan global pour les transports à Québec et à Lévis?

8 commentaires
  • Julien Thériault - Abonné 24 février 2021 08 h 25

    Et le chemin de fer ?

    J'ajouterais qu'il y a sur le pont de Québec un chemin de fer totalement sous-utilisé. Ne pourrait-il pas être utilisé comme lien entre les deux rives. C'est vrai que la voie ferrée qui longeait le fleuve entre le pont le centre-ville de Lévis a été démantelé, pour faire place à une piste cyclable utilisée presque uniquement, je présume, pour le loisir et que la gare qui se trouvait près du quai du traversier a été désaffectée. Désormais, si on veut prendre le train à Lévis, il faut se rendre à la gare... en voiture.

  • Serge Pelletier - Abonné 24 février 2021 08 h 35

    Comment prendre le peuple pour des ignares...

    Comment prendre le peuple pour des ignares et lui faire des "accroires" comme celui-ci: "La conclusion : il ne peut être souterrain. Chaque scénario de tunnel pose des risques critiques d’effondrement. La Caisse soutient que sans structure en hauteur dans le centre-ville, le projet est techniquement impossible. Jusqu’à preuve du contraire, aucun ingénieur ne l’a contredite." (extrait: "Le spécial du chef" | La Presse | 2020-02-24). Hé ben! Le sous-sol de Paris est un gigantesque cruyère (incluant des tunnels pour le Métro, les gratte-ciel, les "vieilles bâtisses" y compris les monumentales "Haussmann", les anciennes super-grandes gares ferroviaires extrêmenent lourdes, etc.) Et... les urbanistes, les ingénieurs civils - toutes spécialisations, les architectes, etc. de France (et d'Europe) n'ont jamais, au grand jamais sortie une pareille idiotie de leur chapeau... Mais, ici, dans un Québec supposément à la fine pointe technique... Ben, le GV-Q-Legault et la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), et leurs téteux respectifs nous apprennent que niet, NIET, cela est impossible pour Montréal... TOUT TOMBERAIT, TOUT S'EFFRONDRAIT... Et le petit peuple de reprendre en coeur : TOUT TOMBERAIT, TOUT S'EFFRONDRAIT... c'est Legault qui le dit, c'est la CDPQ qui le dit, ce les ingénieurs du GV-Q qui le disent... Fac, c'est vra... TOUT TOMBERAIT, TOUT S'EFFRONDRAIT...

    À force de répéter au "petit peuple" qu'il est ignare et inculte, il finit par le croire "le petit peuple". De toute manière, le GV-Q-Legault à force de le dire à fini par croire lui-même à ses projections du lui-même sur le "petit-peuple" (comme un mirroir de lui-même)...

    Pauvre Québec, nous sommes passés d'un "Père Fouettard", à un "comique père noël" pour les p'tis z'mis, à une godiche, puis retour avec un grand vizir de l'anti-racisme-systématique, et maintenant nous sommes au prise avec un chef benêt (qui joue au petit père du peuple) qui s'est entouré de pareil comme lui. Misère de noire la misère.

    • Julien Thériault - Abonné 24 février 2021 12 h 49

      D'ailleurs on peut se demander pourquoi ils veulent construire cette ligne à partir du Centre-Ville, qui dédoublerait une ligne de métro déjà existante, si je comprends bien. Pourquoi ne prolongent-ils pas le métro d'Honoré-Beaugrand vers l'est ?

    • Serge Pelletier - Abonné 24 février 2021 15 h 48

      M. Thériault, j'étais à Hong Kong avant le métro et à Hong Kong après sa construction. Les lignes sont doubles dans chacune des directions. Puis, dès que les téléphones "intelligents", tout le métro était doté de ce qu'il fallait pour que les passagers "communiquent ou écoutent" tout ce qu'ils voulaient dans le métro. Mieux encore, les wagons étaient tous en acier inoxydable... Aujourd'hui, je ne sais pas, mais à l'époque de l'avant communiste, tout y reluisait dans le métro... Et Hong Kong était la mecque du capitalisme mondial... Rien ne venait de "l'État - colonie", tout venait de l'entreprise privée ou presque - ou ce qui en tenait compte (le métro HK, la Victoria Hospital, les Parcs "coloniaux", etc.). En fait, les entreprises et les multimilionnaires contribuaient énormément (prestige aidant) à "faire vivre" les services publics... Oups! les chauffeurs d'autobus étaient tous "gantés blancs" en plus du port de l'uniforme...
      Ici, en 202o, il y avait un projet pour que le téléphone fonctionne dans le métro... Ça c'est plus de 30 ans après HK...
      Quand au prolongement du métro (sous-terre) vers l'Est, il serait grand temps que cela se concrétise. Pas d'obligation de faire tout d'un coup... Mais avec la technologie d'aujourd'hui (exemple: les tunnelliers qui peuvent creuser 24HJ/7 jours semaines - et sans vacances) c'est facile à le réaliser... Mais, encore faut-il que le GV-Q cesse ses boufonneries des grandeurs... et qu'il cesse d'agir de manière encore pire que les régimes Duplessis ou antérieurement sous Tachereau ou Godbout... Pour ces gouvernements, la promesse d'un pont c'était bon pour deux élections avant de le débuté le fameux pont... Depuis, la méthode s'est fortement améliorée... qu'importe la promesse (sauf pour l'augmenttion perpétuelle des taxes en tous genres) c'est passé à 30 à 40 ans avant que le début du début de la promesse débute... Pire, il faut que cela soit grandiose avec obsolescence programmée dès le début ...

  • Benoit Gaboury - Abonné 24 février 2021 10 h 26

    Voter pour un «gars de chez nous»?

    Et pourquoi ne pas faire confiance à ceux dont c'est le travail quotidien de gérer l'endroit où le problème se pose. La ville de Québec ne sait-elle pas mieux que personne ce qui lui convient le mieux? M. Legault, un «gars de Montréal», comme il l'a dit lui-même pour s'excuser de ne pas répondre sur le «futur nouveau trajet», ne s'intéresse vraiment à ce problème que de loin, et d’un point de vue uniquement politique. S'il s'agissait d'un grand plan de développement à l'étendue de la province, alors le gouvernement provincial serait le mieux placé. Mais il s'agit d'un projet pour une ville, le tramway, et d'un autre pour deux villes, le troisième lien, qui intéressent toute la région. N'est-ce pas elles qui savent le mieux ce qui serait le plus efficace?

    M. Legault est excellent pour faire des promesses, on s'en souvient, mais vient le temps de les tenir et il se croit tout aussi habile, en excuses, pour ne pas les réaliser. Sauf qu'à Québec et Lévis, et dans toute la région, on ne sera pas dupe longtemps. Car ce qui se passe maintenant ressemble à ça. Si le temps de la conception est important, il faut bien, un jour, décider enfin. Quand on voit toute l'infrastructure routière dévolue à Montréal depuis des décennies, ses autoroutes, ses dizaines de ponts, le métro et ses 68 stations, le REM et ses 26 stations, le tunnel Hyppolite-Lafontaine, le réseau piétonnier souterrain, le réseau d’autobus et les trains de banlieue, il serait grandement temps de considérer que les autres villes de la province doivent aussi se développer. Chacun son tour quoi. Car tout le monde paie des impôts au Québec.

    Il ne faudrait pas enfin que la CAQ considère la région de Québec comme déjà acquise et, à cause de cela, la néglige. Et qu’on remonte au temps de Duplessis où les contrats de voirie se donnaient uniquement à des gens qui avaient «voté bleu».
    Si ces projets pour la capitale déraillent, il vaudrait peut-être mieux voter pour un «gars de Québec», la prochaine fois.

    • Jean Richard - Abonné 24 février 2021 13 h 13

      Montréal gâté par Québec ? Vous voulez rire ?

      Le dernier investissement digne de ce nom à Montréal a été la ligne bleue, incomplète, et à laquelle on n'a pas touché depuis 1988. Depuis, cette ligne incomplète est loin de donner le rendement des autres lignes.

      Le reste ? Trois stations supplémentaires sur la ligne orange en dehors de Montréal (Laval), des trains de banlieue qui desservent la banlieue, un nouveau pont à péage en partenariat privé, un bout à Laval et l'autre à Montréal, ne faisant que contribuer à la congestion sur l'Île...

      Et plus drôle, le futur SRB, en partie financé par Québec, et qui servira davantage à la banlieue qu'à Montréal. C'est l'illustration parfaite d'un fait observé : les projets montréalais menés de Québec battent des records de lenteur. Il faudrait faire le tour du monde pour trouver un endroit où une ligne d'autobus en SRB aura mis 20 ans à devenir réalité. Un des avantages du SRB sur le tramway est la rapidité de mettre en service et la moyenne de mise en service d'une ligne de tramway en Europe est de 4 ans.

      Pourtant, la demande en transport en commun est beaucoup plus grande à Montréal qu'à Québec. Pas besoin de faire de dessins : on sait de plus en plus que le tout-à-l'auto qui a marqué son époque ne peut plus continuer, ayant démontré ses limites au-delà desquelles on s'enfonce dans un cul-de-sac.

      Un gars de chez-nous ? Les Montréalais vous répondront : pas du tout, simplement un gars des banlieues.

  • Bernard Plante - Abonné 24 février 2021 11 h 20

    Quelques précisions

    M. Giguère, vous écrivez:

    "le projet poussé à tours de bras et de pieds par le maire nécessite un déboisement général des artères principales". En partie vrai. Surtout avec un tramway standard. Toutefois, un tramway sur pneus (NTL - TRANSLOHR) existe. Moins bruyant, plus étroit, il monte des pentes plus abruptes et tourne sur de plus courts rayons. L'étroitesse de ce tramway éviterait de nombreuses coupes d'arbres.

    "On ne parle pas de maximiser le transport en commun dans la ville en ajoutant d’autres voies réservées, en multipliant les véhicules performants et le nombre de passages, en repensant l’utilisation des deux ponts existants." Faux. Ces options ont été évaluées mais le volume de traffic fait que les moyens actuels ont atteint leur limite. Les voies réservées ont une limite car les autobus sont toujours dépendants du traffic (non respect de la voie réservée, bouchons, feux de circulation, etc.). Seule des voies dédiées (entièrement isolées du traffic) permettent un accroissement du niveau de service. Des voies dédiées impliquent une diminution équivalente et directe des voies de circulation automobiles... Pas certain que quiconque veuille se lancer dans cette voie. De plus, le Réseau structurant tel que pensé actuellement révise en profondeur les lignes d'autobus entourant le tramway pour accroître les interconnexions et le niveau de service en périphérie (banlieues).

    "On n’envisage surtout pas de réserver l’éventuel nouveau lien entre les deux rives au transport en commun." Vrai, selon ce que l'on en sait. La CAQ envisagerait un tunnel où les automobiles seraient permises. Comme je le dis souvent: "Un centre-ville où affluent les automobiles est un centre-ville engorgé, bruyant et pollué. Un centre-ville où affluent des piétons est un centre-ville vivant, dynamique et économiquement viable." Si tunnel il y a, il semble évident qu'il devrait être réservé aux piétons et cyclistes.

    Bernard Plante
    Ex-gestionnaire de projets du RTC

    • Serge Pelletier - Abonné 24 février 2021 11 h 57

      Ce serait une énorme gaffe que ce tunnel entre Lévis et Québec. Sur l'immédiat cela parait bien beau... Malheuresement, le résultat réel sera exactement le même que ce qui s'est produit avec le Pont tunnel L-H entre Montréal et la rive Sud: des embouteillages qui s'étirent jusqu'à Ste-Julie le matin, et le contraire vers 17h., d'une part, et d'autre part le saccage des terres agricoles pour y "planter d'interminales shops" et l'accroissement démesuré des "petits villages" en rangs serrés de bungalows - avec bien sur la destruction des maisons du patrimoine...

      Pour le Pont Laviolette entre Trois-Rivières et Bécancour, cela était supposé être pour développer industriellement la Rive-Sud... Bien que cela fut le cas durant le premier 25 ans (les subventions aidant)... La majorité des compagnies qui s'y étaient installées... et bien maintenant elles sont parties... Mais celles de la rive Nord aussi - Shawinigan|Trois-Rivivières|Grand-Mère aussi. Ces trois villes sont passées de villes prospères à un statut de ghettos pour "vieux"... Des quartiers entiers y furent "buldozé-pépiné"... Et ce n'est pas uniquement une question de "shops à papier" qui sont parties...C'est de tout les types d'entreprises qu'il est question ici.

      C'est exactement ce qui va se produire à Québec Ville et autres villes/villages secondaires de la Rive-Nord.

      Au lieu de "rêver en couleur" et de "grandeur" le Gv-Q-Legault devrait commencer par se débrouiller pour faire une peinture neuve sur le Vieux-Pont-De-Québec... Pourquoi pas une loterie à tous les mois avec moitié/moité (Loto-Qc et prix)...