De qui a-t-on le droit de rire?

Pour souligner à quel point la protection de la liberté d’expression est menacée si la Cour suprême donne raison à Jérémy Gabriel, on a évoqué la possibilité que les humoristes deviennent « frileux » et risquent de manquer de sujets d’humour.

Je propose alors à Mike Ward un thème de moquerie quasi inépuisable : lui-même. Que ce soit sa stature, son apparence physique, son respect de la dignité humaine, sa clairvoyance sur les conséquences de ses paroles, il a là une imposante quantité de blagues à sa disposition. Comme d’ailleurs chacun d’entre nous !

À tous ceux et celles qui, comme moi, jugent important de protéger la liberté d’expression, voici un barème permettant de juger de l’acceptabilité d’une blague : que l’auteur s’attaque à plus puissant que lui ou à lui-même. Peut-être alors, l’auteur serait sensible aux conséquences possibles…

Yvon Deschamps a fait des monologues très durs, sur des thèmes sociaux délicats — les femmes, les syndicats, etc. — ayant des propos scandaleux, au moins aussi graves que les mots en n — mais la manière dont il le faisait montrait de façon évidente que la personne ridicule était celle qui énonçait ces horreurs ; et le rire du spectateur indiquait clairement son rejet d’un pareil propos. Apparemment, ce n’est pas la méthode de Mike Ward.

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