La vérité à petits pas

On commence à en savoir un peu plus sur l’affaire Camara et ce qu’on apprend suscite une profonde indignation. Le jour même de la libération de M. Camara, le directeur du SPVM, malgré l’énormité de la bavure, y allait d’une indécente autocongratulation : le travail policier aurait été bien fait (!), bien sûr sans le moindre soupçon de profilage racial et M. Camara demeurait un « témoin important », ce qui, dans le jargon policier, n’est jamais une bonne nouvelle (du moins, pour l’avenir du témoin en question). Le lendemain, finalement contraint par la force de l’évidence, le directeur Caron ânonnait une lettre d’excuses, probablement écrite par quelqu’un d’autre. Pas sûr que le cœur y était. L’enquête indépendante sous la gouverne du juge Dionne nous aidera peut-être à y voir plus clair, mais il aurait été tellement préférable qu’elle soit publique comme le réclamait fort justement Brian Myles dans son éditorial du 13 février. Tant mieux si le SPVM est sincère dans sa promesse de collaboration à l’enquête, mais à nos yeux de simples citoyens, une preuve de crédibilité reste à faire. Et quand on regarde l’engrenage kafkaïen dans lequel fut happé M. Camara, on ose à peine imaginer ce qu’aurait été son sort, n’eût été une caméra de surveillance du MTQ qui, in extremis, après six jours de détention, eut raison de l’entêtement des policiers à le condamner.

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