Se soucie-t-on vraiment de la santé des personnes âgées?

Rares sont les apparitions de François Legault où il n’exprime pas des préoccupations concernant la santé des personnes de plus de 65 ans. Il répète que ces dernières représentent 20 % de la population, mais 80 % des patients hospitalisés pour la COVID-19. « Restez à la maison ! » « Évitez de rencontrer vos petits-enfants ! » « Ne fréquentez pas plus d’une personne, toujours la même, si vous demeurez seul ! »

Toutes ces exhortations visent à protéger les aînés de la COVID-19, particulièrement virulente pour cette tranche de population.

Cependant, à force de vouloir protéger la population âgée, on va la rendre malade psychologiquement et physiquement.

Il est devenu clair, ainsi qu’attendu, que les précautions impliquant l’isolement perturbent la santé mentale de bien des gens. Les soins préventifs (dépistage des cancers, biopsies) aussi bien que curatifs (remplacement du genou ou de la hanche) accusent des retards qui affectent de façon prédominante les personnes âgées.

Par ailleurs, pour se maintenir en santé et prévenir certaines maladies chroniques — obésité, diabète de type 2, maladies cardiovasculaires —, il est recommandé de faire de l’exercice. Mais comment faire des marches moindrement efficaces si on fait de l’arthrose ou si on éprouve des problèmes d’équilibre ? Le ski de fond ou le patinage, n’y pensez même pas ! De plus, marcher sur les trottoirs plus ou moins déblayés présente un risque de chute et de fracture. Sans parler du froid, souvent difficile à supporter pour une personne âgée.

Les exercices à la piscine et la natation sont parfois les seules activités physiques que ces personnes peuvent faire de manière sécuritaire.

Or, les piscines ont été fermées, même si leur fréquentation ne semblait pas participer à la propagation du virus. Il est sûrement possible de prévoir des mesures pour minimiser les risques de contagion : limiter le nombre de personnes admises selon la taille de la piscine et exiger des réservations pour des plages horaires précises, comme on le fait dans les musées.

Ne pas attraper la COVID-19 n’est pas la seule ambition des personnes âgées. Elles veulent aussi vivre et se maintenir en santé. Si la Santé publique se préoccupe de la santé des gens, et non seulement de la prévention de la COVID-19, elle devra recommander l’ouverture des piscines dans les plus brefs délais.

Après tout, elle s’appelle Santé publique et non l’escouade anti-COVID-19.

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