La liberté d’expression est un droit, mais aussi une responsabilité

Il serait peut-être temps de se questionner sur ce qu’est la liberté d’expression et sur ses implications à la suite de ce que nous voyons et entendons dans l’espace public depuis quelque temps. Des fakes news, soit des mensonges, aux pressions de certains individus ou groupes pour la censure de mots dans nos universités et dans l’espace public, il y a matière à interrogation.

Peut-être faudrait-il rappeler que la liberté d’expression qui occupe l’espace public n’est pas seulement un droit mais qu’elle implique également une responsabilité, justement parce que l’espace est public et inclut les autres. Il devient ainsi un bien commun, comme l’eau que nous buvons et l’air que nous respirons. Sommes-nous en train de le polluer par nos mensonges comme nous le faisons pour l’eau et l’air avec nos déchets ? Ou de le restreindre par la censure comme la privatisation le fait pour les ressources communes ?

La liberté d’expression ne se limite pas au droit de l’individu à exprimer son opinion ou ses états d’âme, elle implique la reconnaissance des faits actuels et passés (je pense en particulier aux cours dans les universités) et un respect des autres par l’absence d’intimidation, de haine ou d’appel à la violence.

À cet égard, les médias ont une responsabilité majeure, car ils sont en quelque sorte les porteurs de cet espace public. Il ne leur suffit pas, par souci d’objectivité, de rapporter deux opinions ou deux déclarations contraires, ils doivent rectifier les faits, condamner l’intimidation et les appels à la haine et à la violence afin de nous aider à sortir de la confusion.

La liberté d’expression implique une dimension collective et nous rappelle nos liens et notre interdépendance les uns envers les autres, comme nous le rappelle crûment la pandémie actuelle.

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