Douce euphorie

Ma génération (et la suivante) est au cœur de « notre » première catastrophe mondiale ; celle de la COVID. Elle est incomparablement moins meurtrière et brutale que les deux précédentes guerres mondiales, c’est évident… Mais, à son rythme, elle a supprimé des libertés, des jobs, des familles, des histoires, des économies, des vies. Elle nourrit les extrêmes, avale des patrimoines, avive les tensions, fragilise les démocraties, les acquis. Sa puissance est sournoise, mais son souffle, admettons-le, est monumental.

Pourtant, de cette catastrophe mondiale émerge une lueur. La pandémie a positivement touché les « chanceux », comme moi, je le confesse, qui ai l’immense privilège de faire partie de celles et ceux qui s’en sortent, fragilisés financièrement, certes, mais grandis.

Grandis d’une prise de conscience positive, altruiste, volontaire, bienveillante et porteuse de sens ;

grandis d’être sortis de cette insensée apnée que nous ont infligés ces trente dernières années d’hypercroissance ;

grandis d’un indicible sentiment d’euphorie qui s’exprime du bout des lèvres pour ne pas choquer les plus durement touchés.

Alors oui. C’est une catastrophe. Mais beaucoup d’entre nous ressentent ce frémissement euphorique. C’est un sentiment porteur d’espoir, qui, lui aussi, se propage dans l’air pour combattre « l’autre » sur son propre terrain.

Cette euphorie, elle trouve sa source dans la bienveillance et le sens des responsabilités qu’impose la douleur de l’autre. Elle est positive et fondatrice d’un renouveau de société. Elle est mobilisatrice, engagée et humaniste.

Alors, partageons cette énergie et réfléchissons à la façon dont nous pourrions l’exploiter à l’avantage d’un ré-ensauvagement de notre planète et d’une ré-humanisation de ceux qui la font tourner.

C’est ce que je vous souhaite de réussir en 2021. En participant à la construction d’un nouveau monde post-COVID plus juste, équitable, intelligent et humain pour les prochaines générations.

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